Qui dit rentrée, dit bilan d’activité. Ce jeudi, les élus de Terre de Camargue* se sont retrouvés en conseil. À l’ordre du jour : une vingtaine de délibérations, présentées par la majorité du président - et maire de Saint-Laurent-d’Aigouze - Thierry Féline. Les édiles ont ainsi examiné le bilan 2025 de l’intercommunalité, soit la dernière année de gestion de Robert Crauste, défait aux municipales du Grau-du-Roi. Le budget 2025 avoisine les 40 M€, dont 28 M€ en fonctionnement, 13 M€ en investissement. L’épargne nette atteint 4,2 M€. La dette s’élève à 7,5 M€, soit une faible capacité de désendettement de 2,4 ans.
Vigilance accrue des élus du Grau-du-Roi
Vice-présidente aux ressources humaines et élue d’Aigues-Mortes, Cristel Marchand a rappelé l’emploi de 178 agents permanents, dont 155 titulaires et 23 contractuels. Concernant les actions de Terre de Camargue, 2025 aura été marquée par le déménagement de l’office du tourisme. Déménagement réussi : « L’accueil physique est en hausse de 130 % avec 1 117 personnes accueillies, tout comme le nouveau site internet qui affiche 6 769 connexions, soit 811 % de plus », rapporte Cristel Marchand, en l’absence de Cédric Bonato, maire d’Aigues-Mortes et surtout vice-président au développement économique.
Sur la gestion de l’eau, budget le plus important de l’interco avec 12 M€ de dépenses par an, le vice-président Joachim Rams fait remarquer « une amélioration du taux de rendement (c’est-à-dire une diminution des fuites) à hauteur de 2 % pour atteindre 87,7 %. » À la lecture du rapport, les élus du Grau-du-Roi - dont le maire a échoué à la présidence face à Thierry Féline - tiquent : « Quel est le prix de l’eau ? Il y en a plusieurs inscrits sur le rapport ! », interroge Corinne Pimiento, qui aime chercher la petite bête auprès de l’exécutif. « Il est de 4,30 € le m³ sur la base d’une consommation de 120 m³ », répond la majorité. Sur la question des cantines scolaires, le nouveau maire du Grau-du-Roi, Charly Crespe, jadis opposant de Robert Crauste, relève : « Il aurait été bien d’inscrire qu’un repas coûte 13,9 €, c’est 4,84 € plus cher que la moyenne nationale ! »
Gestion des déchets : qui va payer la facture ?
Les échanges sont plus vifs sur la gestion des déchets. Le vice-président en charge de la thématique, Jean-Pierre Filhol, annonce de mauvaises nouvelles. D’abord, « un taux de refus au tri de presque 30 %. C’est élevé. Il va falloir que l’on fasse des efforts et de la pédagogie. » Puis, l’année 2025 a été marquée par « le renouvellement du marché de collecte, avec une hausse de 42 % des prestations, soit 1,5 M€. » Le passage des campings « en point d’apport volontaire a généré une augmentation de 300 000 €. Or, ce choix avait été fait pour faire des économies ». Enfin, autre dépense imprévue : « la forte hausse en déchèterie de 1 021 tonnes. Ça soulève des interrogations sur l’origine de ces déchets, sachant que les communes environnantes ont fermé les déchèteries aux professionnels. »
Sentant les critiques des Graulens, Thierry Féline intervient : « On est en train de revoir le marché… » Cela sera-t-il suffisant ? Les recettes fiscales de 7,2 M€ seraient insuffisantes, « appelées, dès 2026, à bouger, sous l’effet de la hausse du marché », indique le vice-président. Adopté sous le précédent mandat, le nouveau mode de calcul des recettes fiscales (TEOM et redevance spéciale pour les professionnels) n’a finalement pas été facturé : « certains montants étant devenus très supérieurs à 5 000 % pour les entreprises ! » Charly Crespe se fait alors un plaisir de rappeler : « Il faut remettre en perspective les choix de la précédente mandature ! Ce mode de calcul a été adopté par seulement 11 élus sur les 32. Les maires de Saint-Laurent et d’Aigues-Mortes, de l’époque, se sont abstenus. » Et de prévenir : « Une hausse des impôts, c’est hors de question, je le dis d’avance ! »