Lors du dernier conseil municipal d'Uzès, les élus ont voté à la majorité contre l'adhésion à la future association de préfiguration du parc naturel régional (PNR). Un signal fort envoyé par la ville centre de l'Uzège et du futur périmètre. Toutefois, Philippe Marchesi, le président du Pôle d'équilibre territorial et rural (PETR)-qui porte le projet de parc-, s'est montré rassurant. Il a indiqué : "Est-ce qu'on peut imaginer aujourd'hui que sur les 72 communes (du périmètre), il y en ait une qui a un droit de véto sur un projet de cette taille ? Je ne vois pas le conseil régional et Mme Delga dire que si Uzès n'y va pas, on arrête tout. C'est impossible. (...) Le PNR ne doit pas s'arrêter parce qu'une commune a dit non."
En effet, une grande majorité des communes incluses dans le périmètre ont délibéré favorablement. C'est pourquoi, neuf maires du Pays d'Uzès (*) ont signé un communiqué de presse pour réaffirmer leur soutien au président du PETR et leur engagement dans la démarche de création de l'association de préfiguration. Ils comptent sur les élus départementaux et régionaux pour continuer à porter ce projet et le faire aboutir.
"Il paraissait incongru de dire non à une délibération qui ne vise pas à dire oui à un PNR"
Pour eux, "il paraissait incongru de dire non à une délibération qui ne vise pas à dire oui à un PNR (les communes seront interrogées sur cette question plus tard, dans 2 ou 3 ans) mais qui vise à demander la participation à la rédaction du projet de territoire (cela s’appelle une charte pour un PNR)". Ces maires ont conscience que si le projet final ne leur convient pas, "rien ne les oblige à adhérer au PNR à la fin de la rédaction de la charte", est-il indiqué dans le communiqué commun.
Les signataires se disent donc étonnés de la position du conseil municipal d'Uzès et réfutent les arguments qui ont pu être avancés par le Premier magistrat. Réfutant un PNR coûtant trop cher, les maires favorables rappellent que "les évolutions législatives récentes (2022) augmentent les dotations budgétaires notamment pour les petites communes dans des PNR." Ils y voient aussi une belle opportunités pour amener de l'ingiénerie et des moyens financiers dans leurs communes rurales qui en manquent. Ils ajoutent : "C’est aussi l’occasion de réfléchir à diminuer le nombre de "couches administratives", le PNR ayant vocation à intégrer le PETR (SCOT) et certains syndicats."
"Ce n’est pas un PNR qui bloque les projets mais plutôt le manque de cohérence dans les aménagements"
Les signataires ne pensent pas que le PNR peut être un frein dans le développement du territoire. Au contraire, "les élus que nous sommes savent que ce n’est pas un PNR qui bloque les projets mais plutôt le manque de cohérence dans les aménagements", affirment-ils. Ils comptent bien plancher sur la charte du future parc pour justement donner "de la cohérence, doter le territoire de projets de développement durable et assurer une coordination
optimale avec les services de l’État."
Enfin, ces maires de communes rurales rappellent qu'ils soutiennent globalement les projets intercommunaux entrepris à Uzès, qui est la ville centre de la CCPU (Communauté de communes du Pays d'Uzès), et aimerait en retour "que la ville d’Uzès ait la même position solidaire pour les projets à enjeux pour les communes rurales." Et de conclure : "Le projet de PNR a vocation à être un projet de développement pour l’ensemble des communes du territoire. La ville d’Uzès pourra également en tirer profit."
(*) Le communiqué de presse a été signé par les mairies de La Capelle-et-Masmolène, Bouquet, Belvezet, Aigaliers, Vallabrix, Saint-Maximin, Sanilhac-Sagriès, Collorgues et Garrigues-Sainte-Eulalie.