D'année en année, le faubourg Nord-Gambetta change de visage. Exit les bicoques insalubres vides "datant de Mathusalem", les immeubles au look ultra design ont fait leur apparition. Il y a d'abord eu, entre autres, ceux de la percée Clérisseau à la façade recouverte d'une structure métallique décorative, les logements étudiants et maintenant, les logements gérés par le bailleur social Un Toit pour Tous. 41 en tout, qui ont poussé de terres le long de la rue Rangueil, à deux pas du centre-ville de Nîmes et de son université.
Ce jeudi 10 mai, les élus de la Ville menés par le sénateur-maire Jean-Paul Fournier, de la Région représentée par Corinne Giacometti, vice-présidente chargée de l'Habitat et du logement social, du Département, Bernard Auzon-Cape ont rejoint Jean-Paul Giral, le directeur général d'Un Toit pour tous et Gilles Mariat, architecte, pour l'inauguration de la résidence Les Terrasses de la Crucimèle. Labellisée Très Haute Performance Énergétique, cette résidence est donc composée de 41 logements allant du type II (50M²) au type IV (83m²) -- pour un coût moyen par mois de 272 à 517€ -- répartis sur trois niveaux. Au rez de chaussée, se trouvent 33 places de stationnement, ce qui n'est pas négligeable à Nîmes, ainsi qu'un local professionnel de 160m² qui permettra d'accueillir un commerce de proximité. Le tout pour un montant de 5 048 713€ divisé entre le bailleur social (prêts CDC de 4 506 563€), l'Etat et ANRU, le Conseil Régional, le Conseil Général, Nîmes Métropole, Ciléo et Cplos.
"Aujourd'hui, nous inaugurons 41 logements. 40 logements, c'est la taille que nous limitons volontairement à nos opérations : pour éviter la concentration de logements sociaux sur un même site et faciliter ainsi l'insertion de ces derniers dans le tissu urbain. Construire des immeubles à taille humaine, c'est aussi un moyen de faciliter le "bien vivre ensemble" à l'échelle des résidences que nous mettons en service, de réussir le pari de la mixité sociale et l'équilibre de peuplement des quartiers et des immeubles" a précise Jean-Paul Giral, le directeur d'Un Toit pour tous qui mène actuellement des projets pour la construction de 200 logements dans l'agglomération nîmoise.
Une bonne initiative compte tenu du fait que la région Languedoc-Roussillon souffre d'un fort déficit d'équipement en logements sociaux un taux 10,3% contre 16% de moyenne en France. Une pénurie qui s'explique par une forte croissance démographique, la plus forte du pays avec un nombre de nouveaux arrivants d'ici 2030 variant entre 500 000 et 800 000. S'ajoute à cela un fort taux de précarité avec 19% de la population de la Région vivant en dessous du seuil de pauvreté. La Région est-elle assez réactive pour pouvoir combler son déficit ? "4,3% du budget de la Région est consacré à la question du logement", se défend Corinne Giacometti.