Il fallait avoir 18 ans pour oser ça. Ou peut-être simplement ne pas savoir encore que certaines choses sont presque impossibles. Ce dimanche matin, dans les arènes de Nîmes, Marco Pérez s’est offert un seul contre six. Six toros pour un seul homme. Un exercice redoutable, exigeant physiquement comme mentalement, que même les matadors les plus expérimentés hésitent parfois à affronter. Le dernier à s’y être essayé dans les arènes de Nîmes était Daniel Luque, en septembre 2024, face à six toros de La Quinta. Marco Pérez, lui, n’a que 18 ans. Il fêtera ses 19 ans le 7 octobre prochain. Mais il faut dire que le garçon est pressé. Né à Salamanque, il est entré à l’école taurine à seulement six ans. Très vite, son nom a circulé dans le mundillo. À 15 ans, il sortait déjà a hombros de Las Ventas à Madrid. Puis tout s’est accéléré. Jusqu’à cette alternative prise ici même, à Nîmes, le 6 juin 2025, à seulement 17 ans, avec Morante de la Puebla comme parrain et Alejandro Talavante comme témoin. Nîmes occupe donc déjà une place particulière dans sa jeune histoire. À peine quinze mois après son alternative, le jeune Salmantin aurait pu se perdre dans l’immensité de l’exercice proposé ce dimanche. Il a fait exactement l’inverse. Devant plus de 7 000 spectateurs et sous un cagnard d’été, Marco Pérez n’a jamais laissé le doute s’installer. Pourtant, il n’a pas toujours été aidé. Face à une série de toros sans grande envergure, il a fallu aller chercher les émotions, provoquer les choses, insister parfois. Et surtout ne jamais laisser le public s’ennuyer. C’est peut-être là que se trouve sa plus belle réussite. Parce qu’un seul contre six ne se gagne pas seulement avec des oreilles. Il faut tenir la distance, conserver l’envie, recommencer six fois et donner au public le sentiment que tout peut encore arriver. À la fin, les arènes ont réclamé les deux oreilles de son dernier toro. Marco Pérez en aura finalement coupé cinq au total et ouvert la Porte des Consuls. À 18 ans. Bien sûr, il doit encore grandir. Prendre de l’épaisseur, acquérir cette expérience que seules les années et les toros peuvent donner. Mais Nîmes a peut-être vu passer ce dimanche matin quelque chose de plus important qu’un triomphe : une promesse. Ce dimanche à Nîmes, Marco Pérez a ouvert la Porte des Consuls. Il a peut-être aussi entrouvert celle de l’avenir de la tauromachie.
Publié il y a 7 h -
Mise à jour le 21.09.2026 - Abdel Samari - 2 min
ÉDITORIAL Marco Pérez, la jeunesse ouvre la porte
Marco Pérez avec son toro d'El Freixo
- Photo Anthony MaurinÀ seulement 18 ans, le jeune matador de Salamanque a réussi son seul contre six dans les arènes de Nîmes. Cinq oreilles et une Porte des Consuls pour celui qui incarne déjà le renouvellement d’une génération.
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Abdel Samari