L'installation de cette Zone de Sécurité prioritaire avait été décidée après deux événements qui avaient somme toute traumatisé les riverains du Mas de Mingue et du Chemin-Bas d'Avignon : l'incendie criminel du magasin Leader Price, ainsi que le braquage de plusieurs personnes âgées, détroussées de leurs maigres biens (argent, bijoux, cartes de crédit, chéquiers...) alors qu'elles jouaient paisiblement au loto. Si l'on en croit les premières statistiques présentées au ministre par la Direction départementale de la sécurité publique, les faits de délinquance de voie publique auraient baissé (de 250 à 242), même si le recul est plus sensible au Mas de Mingue qu'au Chemin-Bas d'Avignon. Dans les deux quartiers, le taux d'élucidation des affaires est, par contre, passé de 7,4 % à 10 %.
Pour chacun des objectifs prioritaires, les résultats ont enregistré des reculs sensibles : atteintes volontaires à l'intégrité physique (de 73 en 2012 à 65 en 2013, pour la même période concernée, taux d'élucidation de 53 % à 83 %); usage et trafic de stupéfiants (de 29 à 2012 à 24 en 203); violences urbaines (de 86 en 2012 à 73 en 2013). Par ailleurs, depuis le 1 er janvier dernier, 26 opérations généralistes ont été menées (contrôles routiers, vérifications d'identité) et 16 opérations thématiques engagées (établissements scolaires, descentes dans les caves et parties communes, contrôles de commerces avec les services des impôts, douanes, services fiscaux, opérations coups de poing ciblées sur les stupéfiants et recels de vols...).
Plusieurs opérations judiciaires d'envergure ont été réalisées dans ces deux quartiers avec, au final, l'interpellation de 21 malfaiteurs pour détention d'arme de poing et de fusil à lunette, trafic de stupéfiants (30 kg de résine de cannabis et 3 kg de cocaïne saisis), recels d'objets volés (matériel de chantier, bijoux..). Ces chiffres rassurants quant à la pertinence et l'efficacité des zones de sécurité prioritaire, ont été confirmés par Marie-Laure Beccuau, procureur de la République, animatrice du groupe de suivi de la ZSP, qui analyse, chaque mois, les résultats. "Coopération et confiance sont les maîtres-mots de ce dispositif. Il s'agit de mieux nous connaître, nous comprendre pour mieux réagir ensemble", a t-elle commenté, avant de préciser - à l'attention de ceux qui daubent le plus souvent la Justice pour sa lenteur et son laxisme - "que toutes les interpellations avaient été le plus souvent suivies de présentations au Parquet". Avec condamnations et incarcérations à la clé.
Du côté des comités de quartier, Mme Gallice (Mas de Mingue) a témoigné d'un retour à la tranquillité, même si les incivilités et nuisances demeurent, hélas, trop courantes. Au nom des riverains, elle s'est faite l'interprète de deux à trois exigences : engager au Mas de Mingue des opérations de renouvellement urbain (les dernières rénovations datent de 1983), améliorer les équipements sportifs (le gymnase Marcel-Cerdan sera ré-ouvert en septembre et le collège promis à reconstruction), doter les clubs de sport d'animateurs puis, enfin, intensifier les opérations de prévention auprès des plus jeunes. Même appréciation du côté du comité de quartier du Chemin-Bas d'Avignon, dont la présidence vient d'être confiée à M. Ramzy, qui a toutefois modulé sa satisfaction de trois bémols : "les contrôles abusifs et renouvelés" dont seraient victimes les jeunes, l'absence de médiateurs de quartiers ainsi que la discrimination à l'emploi dont souffriraient les habitants, jeunes ou aînés, domiciliés au Chemin-Bas d'Avignon. Autre résultat somme toute encourageant de cette ZSP urbaine : la diminution sensible du nombre de caillassages des bus Tango et des agressions physiques commises sur leurs conducteurs.
A l'heure de dresser un premier bilan, le ministre Manuel Valls qui était accompagné du préfet Christian Lambert, chargé de suivre les 64 Zones de Sécurité prioritaires installées à ce jour en France, a souligné : "Il faut du temps, de la persévérance et de la volonté, à commencer par celle de mieux faire travailler ensemble Police et Justice. La crise économique grave que nous traversons, touche plus encore les quartiers tels que le Chemin-Bas d'Avignon ou Le Mas de Mingue, mais nous ne vous laisserons pas tomber. En septembre, dix policiers supplémentaires seront affectés à Nîmes, même si la Police ne peut parvenir seule à rétablir la paix publique. il faut le concours de tous les partenaires, l'implication de tous les habitants. Par ailleurs, nous ne saurions que trop encourager les collectivités locales ( suivez notre regard du côté de la municipalité de Nîmes) et associations à recruter des emplois d'avenir, ils sont faits pour les jeunes des quartiers en difficulté", a-t-il souligné. Pour l'immédiat, aucune ZSP supplémentaire n'est prévue dans le Gard.