Ils étaient une trentaine à se retrouver devant la mairie de Vergèze, ce dimanche peu après 15 heures. Une trentaine de militants anti-corrida venus clamer " leur douleur et leur opposition ", à la tenue le jour même, d'une corrida au sein du village. Une manifestation " citoyenne ", et sans collectif organisateur, contrairement à ce qui les attend le 31 mai prochain pour les férias d'Alès. " Aujourd'hui, le nombre n'est pas important. On est là pour être vus. C'est Alès que nous avons tous en ligne de mire. Nous étions 4 000 l'an dernier car le maire tolère la corrida mais il n'est pas aficionado ", lance Nathalie Valentin, qui fait office de leader. Dans les rangs, une grande majorité de femmes et un seul homme. " On est plus sensible à cette cause ", reconnaît une militante. Elles se réunissent pour tenter d'éradiquer cette tradition que seuls " 20% de la population locale affectionnent. En France, 90% des gens sont même contre ", assure Nathalie Valentin.
" On les torture "
Après avoir été escortés par deux gendarmes près des arènes, les anti-corrida sont positionnés derrière une grande barrière bleue, devant le passage qui permet aux aficionados de rejoindre le lieu " du crime ". Chaque corrida est une " réelle souffrance ", pour Flora, pour qui la cause animale est primordiale. " Je ne mange quasiment plus de viande ", assène-t-elle. Pourtant dans sa famille, son mari fait partie des soutiens de cette tradition. " On se frite souvent. Là, il faisait la tête car il savait où j'allais mais peu importe. Cela nous fait mal de voir comment ces bêtes sont traitées. " Pour Nadine, autre inconditionnelle anti-corrida, le traitement réservé aux taureaux est inhumain. " On les torture. Avant d'entrer dans l'arène, on leur met de la vaseline dans les yeux, on les frappe avec des sacs sur le dos et ils passent la nuit dans le noir sans eau ni nourriture. Il n'y a aucun courage à les combattre après vu leur état ".
Quelques insultes mais aucun débordement
De l'autre côté de la barrière, les slogans provoquent quelques réactions des aficionados qui attendent le début de la corrida pour rejoindre les arènes. " Chacun fait ce qu'il veut. Ce n'est absolument pas de la torture. Certains pêchent, d'autres chassent. Nous, nous aimons la corrida ", plaide Jean-Claude, qui tient cette passion de ses parents. Face aux cris et aux panneaux des anti-corrida, il y a bien quelques provocations, des insultes parfois, mais aucun débordement à constater aujourd'hui où plus de 600 aficionados étaient attendus. À Alès dans deux semaines, cela risque d'être une autre histoire.
jeanmarie.cornuaille@objectifgard.com