En juin 2018, l'association Walk in Nîmes proposait à la ville un projet de circuit touristique 2.0 inspiré du Voyage à Nantes pour redynamiser le centre-ville et valoriser le patrimoine historique et culturel de la Cité des Antonin. Finalement rejeté par la SPL Agate, il a été remis sur le tapis sous une autre forme par Sophie Roulle.
L'histoire remonte à plus de trois ans désormais. Portée par de jeunes avocats, commerçants et chefs d'entreprises nîmois, l'association Walk in Nîmes s'active pour mettre au point un circuit touristique d'un genre nouveau. "J'ai fait mes études de marketing à Nantes et j'ai pu échanger avec ceux qui avaient lancé Le Voyage à Nantes, explique Yoann Zaouche, à l'initiative du projet. Leur idée était de créer un parcours matérialisé par une ligne verte tracée au sol qui permet de guider le visiteur à travers les principaux sites de la ville."
L'association s'inspire aussi de concepts similaires lancés à Rennes et à Avignon dans des versions numériques. En juin 2018, une première ébauche du projet de Walk in Nîmes est bouclée et présentée aux élus municipaux Richard Flandin, Sophie Roulle et Marion Ponge. Suscitant l'intérêt auprès de ces derniers, celui-ci est retravaillé et une seconde version voit le jour en mai 2019.
Au programme, un tracé de cinq kilomètres, matérialisé par une ligne rouge, doit permettre au visiteur de faire un tour de ville en s'arrêtant autour de 30 sites remarquables et plus ou moins connus. Il est aussi envisagé que des expositions éphémères jonchent le parcours afin de mettre en valeur les artistes locaux. Une application mobile devait quant à elle donner une dimension numérique au concept. "Pour notre association, c'était un point de départ pour lancer ensuite d'autres événements pour dynamiser la ville, explique Charles Talleu, lui aussi membre de Walk in Nîmes. Nous avons consulté de nombreux commerçants qui étaient chauds pour nous suivre."
Mais après plusieurs mois de travail et de réunions, le projet est retoqué. "Xavier Labaune, le président de la SPL Agate, nous a dit que l'idée était intéressante mais qu'il était sceptique quant à l'impact visuel de la ligne rouge, pourtant validée par les architectes des Bâtiments de France, indique Yoann Zaouche. Son autre inquiétude était liée au financement. Le budget total était de 110 000€ la première année puis de 35 000€ les suivantes. Nous avions proposé à la ville qu'elle finance uniquement le tracé au sol, pour environ 7 000€, tandis que nous prévoyions de nous charger du reste grâce à une levée de fonds."
Un peu déçus, les membres de l'association Walk in Nîmes gardent leur idée dans un coin de la tête sans pouvoir passer à la phase opérationnelle. "On a été surpris de voir Sophie Roulle en reparler dans les médias locaux suite à la réélection de Jean-Paul Fournier puis pendant en campagne pour les Départementales, note Charles Talleu. Celle-ci évoque notamment des "parcours d'œuvres d'arts inspirés du voyage à Nantes", ce qui correspond au projet que nous portions."
"Du coup, on l'a relancée pour lui demander d'être inclus au projet, reprend Yoann Zaouche. Elle nous a répondu : "Je reviens vers vous". On attend toujours." De son côté, Sophie Roulle ne garde pas les mêmes souvenirs de ses échanges avec les membres de l'association. "Je les ai rencontrés une fois et ils n'ont pas donné suite", assure celle qui est désormais l'adjointe à la Culture de Jean-Paul Fournier.
"Nous souhaitons mettre en place une biennale ou une triennale d'art contemporain portée par un artiste reconnu et en impliquant les associations culturelles locales, poursuit-elle. Pourquoi ne pas élargir l'idée à l'échelle du département comme nous le proposions avec Julien Plantier dans notre programme. J'ai d'ailleurs proposé à Patrick Malavieille (le vice président du Département délégué à la Culture, ndlr) de l'adapter à l'échelle du Gard en intégrant par exemple nos monuments romains au parcours."
Son projet, lui aussi inspiré de Voyage à Nantes, ne prévoit pour l'heure ni application digitale, ni ligne rouge tracée au sol. "On n'en est pas à savoir comment et ce n'est pas l'essentiel, balaie-t-elle. La ville de Nîmes va lancer un appel à projets auprès de cabinets d'études. L'idée forte est créer du dynamisme culturel ce qui attirera des touristes et apportera un plus aux commerçants." L'un des objectifs initiaux de Walk in Nîmes.
Boris Boutet