En marge de la visite préfectorale sur le site minier de St Sébastien d'Aigrefeuille (voir notre article) le maire Alain Beaud a souhaité engager un débat avec Hugues Bousiges en présence des habitants du village sur l'avenir des communes rurales.
"On présente aujourd'hui les communes rurales comme des collectivités sans avenir, ce n'est pas du tout l'impression que nous en avons ici" commente le maire "Aujourd'hui avec un solde de 5,7% c'est bien l'espace rural qui accueille plus de 60% des nouveaux arrivants". Le maire cite en exemple son village peuplé de 168 habitants en 1968 et qui en compte 512 aujourd'hui. "Et ces habitants sont des actifs diplômés qui choisissent le monde rural pour sa qualité de vie. Entre 1999 et 2011 le nombre des entreprises a doublé et le village en compte aujourd'hui 40. Le chômage est passé de 20,7% en 1999 à 15,6% en 2009 pour atteindre aujourd'hui un taux de 8,5%, inférieur à celui du département, de la région ou même de la nation. Il faut donc cesser d'opposer "urbains et ruraux" et donner à tous les mêmes chances, notamment en ce qui concerne les charges de territorialité. (2€/habitant reversé en ville contre 1€ dans le monde rural).
Une vision que ne partage pas entièrement, on le sait, le préfet Hugues Bousiges qui œuvre pour la mise en place de collectivités territoriales fortes pour structurer le département (voir notre article : Durfort, une leçon d'intercommunalité en compagnie du Préfet). "Certes on ne peut plus opposer le monde rural et le monde urbain, explique le Préfet, parce qu'à la différence du passé, les habitants des ces deux entités vivent les mêmes besoins : il veulent les loisirs, le travail, l'accès au moyen de communications... en fait aujourd'hui ce sont les mêmes personnes". En revanche Hugues Bousigues distingue pour sa part les zones à forte densité des zone à faible densité dans lesquelles les problématiques ne sont pas les mêmes.
"Dans les zones à faible densité un regroupement sera forcément nécessaire pour faire face aux investissements. Chaque village ne peut pas avoir "sa" piscine et "sa" médiathèque, voir même "son" école. Ce temps là est révolu." Le préfet indique d'ailleurs que ce changement historique a pour conséquence directe le chiffre annoncé de quelque 40% des maires qui ne se représenteront pas au prochaines municipales. Une page se tourne donc selon lui, avec de nouvelles opportunités (comme l'élection des conseillers communautaire qui va à la fois démocratiser et politiser ces assemblées) et une nouvelle géographie territoriale. Le passage de 46 cantons à 23 dans le Gard suppose une nouvelle organisation des services publics. "Dans le cas de la gendarmerie par exemple, faudra-t-il privilégier la cartographie du canton ou celle de la délinquance ?" interroge le Préfet. On le voit, le débat sur la réorganisation du monde rural commence à peine...
Raphaël MOTTE
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