Publié il y a 13 ans - Mise à jour le 28.05.2013  - 3 min  - vu 208 fois

SOCIAL Le camp de Roms de la route de Saint-Gilles : un collectif de solidarité met l'Etat au pied du mur

Parmi les membres du collectif de solidarité Roms

"Ces quinze familles veulent rentrer dans le droit commun, avoir un toit, un travail, des droits comme tout le monde. Elles n'en peuvent plus d'être tributaires de la mendicité et de la vente de quelques bouts de ferraille. Maintenant, on dit stop, il y en a assez ! Ce n'est plus possible de poursuivre cette partie de ping-pong où chacun se renvoie la balle. Il y a non assistance à personnes et enfants en danger, la responsabilité de l'Etat doit être assumée. A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle. S'il y a une volonté politique, cette situation peut être réglée demain". Ces quelque observations ont été recueillies sur les lèvres des partenaires du Collectif de solidarité Roms (*), qui animaient, ce mardi matin, une conférence de presse afin d'alerter l'opinion publique sur la situation "dramatique, indigne et inhumaine" qui vivent les 60 à 65 personnes - dont une vingtaine d'enfants et nourrissons - réfugiées sur un terrain insalubre, sans eau ni électricité, le long de la route nationale conduisant de Caissargues à Saint-Gilles. Les pieds dans la boue, sous des abris de fortune, à proximité d'un tas d'immondices.

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"Depuis le mois de mars, nous multiplions les démarches afin que les pouvoirs publics prennent ce problème à bras-le-corps, comme le prévoit la circulaire du 26 août 2012 : un texte cosigné par 7 ministres, stipulant qu'avant toute expulsion (NDLR : Réseau Ferré de France, propriétaire du terrain, demande l'évacuation avant la mise en oeuvre du contournement de la ligne à grande vitesse Nîmes-Montpellier),  les pouvoirs publics doivent mettre en oeuvre une ingénierie sociale prenant en compte - avec un accompagnement individuel - l'emploi, la scolarisation, le logement, l'accès à la santé... Depuis la mi-avril, le diagnostic social complet a été établi par l'Adejo (Accueil de jour pour les personnes sans domicile fixe) et le Samu social sans qu'aucune solution n'ait été à ce jour proposée. Il y a une vraie inertie. Chacun se dit conscient de la situation... mais se renvoie le problème comme un Mistigri. Exception faite, toutefois, de la ville de Nîmes, commune sur laquelle est situé le campement, qui, elle, reste déséspèrement muette sur le sujet ", ont commenté d'une même voix les militant(e)s du collectif de solidarité Roms. Selon eux, seul le conseil général du Gard aurait été le seul à consentir un petit pas en inscrivant le problème de ces Roms à l'ordre du jour de la réunion que le président Damien Alary et le préfet Hugues Bousiges doivent tenir, début juin, autour du logement d'urgence. Si une solution pérenne ne pouvait émerger de ce tour de table, le collectif suggère, devant l'urgence de la situation, qu'un conventionnement soit établi entre l'Etat et des bailleurs dont les locaux seraient vacants, une formule mise en oeuvre à Mérignac, "où le nombre de familles à loger était pourtant bien plus important". Le collectif qui connaît parfaitement bien la situation individuelle de chacun(e) de ces migrants, se propose de co-animer le comité de pilotage, aux côtés des travailleurs sociaux mobilisés par les institutions.

Etablis dans le Gard depuis deux à trois ans, ces migrants roumains - qui ont donc le droit d'aller et venir dans l'espace européen - se sont établis sur le terrain de la route de Saint-Gilles après avoir été chassés de Nîmes (ils vivaient sous les arches le long du boulevard Sergent Triaire). Selon les animateurs du collectif,  ils aspirent plus que jamais à travailler (bon nombre d'entre eux auraient d'ailleurs un statut d'auto-entrepreneur), s'insérer jusqu'à s'inscrire sur les listes électorales et s'établir durablement dans la région. "Ils sont épuisés de survivre avec les quelques pièces provenant de la mendicité et de la vente de ferraille. Ce sont des humains qui vivent comme des bêtes, alors qu'ils ont droit, comme tout un chacun, à respect et dignité", ont commenté les intervenants. Sur les vingt-deux enfants en âge scolaire (écoles maternelle et primaire, collège) recensés dans ce camp de misère, quatorze sont non-scolarisés ou déscolarisés. Et lorsqu'on sait que les inscriptions dans les écoles sont prises en juin... on mesure l'urgence qu'il y a pour les pouvoirs publics à régler dette douloureuse situation.

(*) Le collectif de solidarité Roms réunit une vingtaine d'associations, ainsi que plusieurs dizaines de particuliers. Il est à l'origine d'une pétition (1 200 signatures) qui sera prochainement adressée au préfet du Gard, Hugues Bousiges, ainsi qu'au préfet Alain Régnier qui a en charge au niveau national, une mission interministérielle sur le démantèlement des camps roms.   

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