Accusé par la CGT de prendre le parti du patronat et de ne pas défendre les salariés dans le conflit qui paralyse l'entreprise de télémarketing Call Expert à St Christol les Alès depuis mercredi dernier (voir notre article) le syndicat CFDT réagit par la voix de sa responsable Ludivine Jullien qui accuse à son tour la CGT d'avoir "suicidé l'entreprise".
Dès le début du mouvement la CFDT s'était désolidarisé de la CGT en publiant notamment un communiqué par la voix de Sébastien Gil (Service Gard Lozère). Cette fois Ludivine Jullien responsable CFDT dans l'entreprise monte au créneau. Elle accuse notamment la CGT d'avoir prémédité la grève dès mardi soir et affirme que Magali Bourdoiseau (la responsable de site) était bien sur le site mercredi matin "alors que les délégués CGT attendaient dès 8h30 sur le parking avec les drapeaux dans le coffre des voitures". Un incident est ensuite survenu à midi alors que des salariés non grévistes étaient réunis au restaurant avec la responsable des site dans l'attente des instructions de la direction. Filmées par des Cgtistes, ces dernières ont pris contact avec les renseignements généraux pour savoir comment bloquer les images. Un détail qui montre bien que la tension existait dès les première heures.
Pour Ludivine Jullien "Magali Bourdoiseau s'était pourtant montrée rassurante lors de la dernière réunion en confirmant qu'il n'y aurait pas de baisse d'activité pour les salariés en CDI jusqu'en décembre"..."Mais le même jour deux salariées ont reçu une lettre de licenciement pour faute grave" ..."Les esprits se sont échauffés"... "il y a eu une réunion à l'union locale CGT le soir du 4 juin"...
"Nous ont aurait fait grève en septembre ou en octobre si l a situation ne s'était pas améliorée" explique Ludivine Jullien. "Quant à Bertrand Delamarre il nous a dit tout de suite qu'il ne prendrait pas le risque de venir négocier sur place pour se faire séquestrer"... "Il nous a garanti nos salaires jusqu'au 8"..."Après nous avons demandé de faire jouer le droit de retrait, notre sécurité dans l'entreprise ne pouvant pas être garantie". Aujourd'hui Ludivine Jullien, écœurée, n'est même pas prête à retravailler avec ses collègues et avoue en vouloir moins aux ressources humaines de l'entreprise qu'à la CGT. "Car on va fermer maintenant, c'est certain et c'est la CGT qui en portera la responsabilité".
Les choses ne sont certainement pas si simples. Au beau milieu de la crise il devient difficile de savoir qui manipule qui ? Et nous, journalistes, qui nous utilise ?
Raphaël MOTTE
raphael.motte@objectifgard.com