Publié il y a 12 ans - Mise à jour le 01.12.2013  - 3 min  - vu 2026 fois

PORTRAIT DU DIMANCHE Géraldine Palpacuer quitte Alès après six ans à la tête du commissariat

Géraldine Palpacuer entourée du procureur et du sous-préfet, lors de son départ. Photo DR/RM

La commissaire Géraldine Palpacuer quitte Alès où elle a passé plus de six ans à la tête des forces de Police.  En présence des autorités réunies  pour son départ, elle évoque les faits marquants de son activité.

"J'étais jeune, j'étais une femme et en plus je venais des ministères", c'est ainsi que la commissaire Géraldine Palpacuer, la plus jeune commissaire de France, sortie de la 53e promotion de l'UNSP, raconte son arrivée à Alès depuis la sureté départementale du Vaucluse. "Mais une semaine plus tard, en mai 2007, j'avais déjà chaussé les rangers pour piloter le dispositif mis en place pour la Féria". La Féria que la commissaire considère d'ailleurs comme un des événements majeurs de la vie alésienne pour la Police. "La ville a souhaité que cette ria soit un événement familial, mais pour les Policiers cela représente beaucoup de travail, dit-elle. Pendant cinq jours (et même six une année) on nous demande beaucoup, et j'en ai fini plus d'une sur les rotules. Sans compter les jets d'alcools et autres qui ont laissé quelques souvenirs sur ma petite veste de commissaire. Selon les compagnies de CRS affectées, nous avons du nous adapter, et c'est vrai que l'on s'est parfois sentis un peu seuls" commente-t-elle.

Maintenir l'ordre public

"Une des difficultés d'Alès repose en effet sur le fait que les effectifs restent peu nombreux et que l'on est très loin de la DGSP" explique Géraldine Palpacuer quand elle aborde le chapitre de l'ordre public. Elle se souvient ainsi en 2008 et 2009 des manifestations des lycéens. "Le commissariat a été assiégé...j'étais enceinte et confinée à l'intérieur... j'ai accouché de ma deuxième fille une semaine après !". Alès est connue pour ne rien faire comme les autres et les manifestations y sont longues et dures. "Le 23 septembre 2010 les grilles de la sous préfecture ont cédé une première fois. On était seuls, les gendarmes sont venus en renforts, on a sacrifié notre fourgon, mais on a tenu". Ce que la commissaire ne dit pas elle-même et que ses supérieurs rappelleront, c'est qu'elle sera blessée deux fois au cours de l'année 2010, lors d'une expulsion à domicile puis lors d'une manifestation, deux blessures suivies d'un accident de trajet dans cette même année. "Lors de la manifestation des salariés de Richard Ducros, les parterres de fleurs ont été décollés, le feu mis aux arbres, on était sur tous les fronts à la fois  pompier et policier... le portail de la sous-préfecture a cédé une nouvelle fois... aujourd'hui il a été changé et il est beaucoup plus solide !" dit-elle avec humour.

Les voyages officiels

Autre souvenir incontournable, celui de la visite présidentielle à Alès et Mialet. "C'est simple dit-elle à l'issue du voyage certains policiers se sont demandés si cela n'avait pas été pour moi l'occasion de rétablir l'esclavage". La commissaire Palpacuer sait qu'elle en a demandé beaucoup à ses hommes, saluant le caractère cévenol (elle est elle-même d'origine alésienne) "qui s'oppose souvent mais qui sur le fond, quand on écoute vraiment, souhaite avant tout que les choses avancent". "Cela dit j'ai essayé de gérer le commissariat comme une grande famille. D'un côté cela m'a amené à œuvrer tous azimuts pour améliorer le service (les portes violettes dans les locaux des gardes-à-vue, sont sans doute une "touche" unique en France),  "de l'autre, telle une mère de famille j'ai été assez exigeante". La commissaire à d'ailleurs au cours de son discours longuement remercié, poste par poste, l'ensemble de ses services. Elle a également salué les excellents rapports avec la gendarmerie et la Police Municipale. "Compte tenu du nombre, nous ne pouvons pas faire sans vous à Alès"

Alès : une ville dure

Car Géraldine Palpacuer définit Alès comme une ville dure : "A mon arrivée j'ai été frappé par le niveau de violences urbaines avec un nombre de poubelles brûlées comparable à celui de villes beaucoup plus importantes. Nous avons fait un gros travail de prévention qui a rejoint les chantiers municipaux de rénovation urbaine et la situation s'est améliorée". La commissaire cite également le cas des expulsions "qui ne sont jamais des missions faciles pour nous Policiers" (cf ci-dessus) avant d'ajouter "Au delà de tous ces événements, la circonscription d'Alès connait une forte activité" avec des agressions à domicile et des vols à main armée (comme en témoigne notre rubrique faits divers, ndlr). "Même si ce qui est ressenti par les habitants est parfois différent, les chiffres montrent que depuis que votre arrivée, la délinquance n'a pas cessé de baisser à Alès"  souligne pourtant le sous-préfet Christophe Marx.  "Nul doute que ma forte expérience alésienne me sera très utile à Montpellier" ajoute Géraldine Palpacuer, qui rejoindra la DDSP de l'Hérault.

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