On n’a pas attendu hier soir pour comprendre que ces deux là ne passeront pas leurs vacances ensemble, comme dirait feu Thierry Roland.
Mais le conseil municipal qui s’est tenu hier soir à l’hôtel de ville spiripontain a été le théâtre d’une passe d’armes plutôt violente entre l’actuel et l’ancien maire de la commune.
« Indemnités rondelettes »
Le contexte : la onzième délibération du jour, portant sur le « remboursement des frais des différents participants missionnés par la commune pour participer aux cérémonies commémoratives de Vassincourt » dans le cadre de la commémoration du centenaire 14-18.
A l’issue de la délibération, Roger Castillon a légèrement digressé pour dénoncer une tribune publiée par la liste de Gilbert Baumet, « Aimons Pont-Saint-Esprit », sur le site internet de la mairie. Dans cette tribune, la liste parle d’« indemnités rondelettes » perçues par les élus « selon qu’ils sont adjoints (828€) ou titulaires d’une délégation (223€) (…) Cela ne les empêche pourtant pas de se voter, en plus, en conseil municipal, régulièrement (3 conseils sur les 5 ayant eu lieu), des remboursements de frais pour des déplacements en France qui n’ont pas toujours de lien direct avec la vie de notre commune. » Et la liste de « s’interroge(r) ainsi sur la manière dont sont dépensés les deniers de la commune et sur la réelle transparence dont fait preuve l’équipe en place... »
Une tribune « particulièrement indécente »
Il n’en fallait pas plus pour faire tonner Roger Castillon, d’ordinaire plutôt flegmatique : « Monsieur Baumet vous dénoncez les indemnités des élus que vous qualifiez de ‘sommes rondelettes’ alors qu’elles sont au niveau légal et qu’à votre époque, alors que vous mettiez Pont-Saint-Esprit en faillite, elles étaient au moins deux fois plus élevées, sans compter les frais de représentation du maire et des dépenses de cabinet. »
Et le maire de tacler son prédécesseur en convoquant le souvenir du « rapport de la Chambre Régionale des Comptes du 4 mai 2012 » et de citer l’exemple de deux « abonnements Fréquence Plus Première classe SNCF » pris par le maire Gilbert Baumet « en son nom » pour « 662 et 682 euros ». Roger Castillon a ensuite fini son intervention en qualifiant de « particulièrement indécente » la tribune d’« Aimons Pont-Saint-Esprit ».
« On en reparlera »
Carine Fournier lui a immédiatement rétorqué qu’elle était « l’auteure de ce papier ». Pas de quoi convaincre Roger Castillon, pour qui « ce texte était sans doute inspiré par Gilbert Baumet. » « J’ai un cerveau, je pense seule », a répondu l’élue d’opposition.
Gilbert Baumet s’est ensuite défendu, accusant le maire de lui « faire un procès » et lui conseillant d’être « très prudent sur ce qui a été écrit par la Chambre Régionale des Comptes. Si c’était vrai, on (sa liste, ndlr) ne serait sans doute plus là. » Se faisant presque menaçant, l’ancien maire de la commune a estimé que son successeur « ferait mieux de prendre des délibérations sur les marchés publics, c’est plus important que sur les déplacements. Mais on en reparlera. »
Le dernier mot reviendra à Roger Castillon, qui presque goguenard dira à Gilbert Baumet que « sur la Chambre, je n’en attendais pas moins de vous. »
La passe d’armes terminée, le conseil municipal a pu reprendre son cours. La délibération numéro 11 a été votée à l’unanimité.
Thierry ALLARD