Publié il y a 13 ans - Mise à jour le 31.05.2013  - 3 min  - vu 255 fois

POLITIQUE Des élus vent debout contre le projet de redécoupage des cantons. Fournier à la manoeuvre

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Picasa"Pas de pertinence territoriale", "un déménagement du territoire", "un fait communautaire battu en brèche", "une sous-représentation des cantons ruraux", "un déni de réalité", "une hérésie", "un charcutage à la demande"...  Réunis hier après-midi au pied levé à l'hôtel Atria à Nîmes par le sénateur Jean-Paul Fournier, "élu des élus", quelque quatre-vingt maires et conseillers généraux du département, de droite et de gauche, n'ont pas eu de mots assez durs pour commenter le projet de redécoupage des cantons (23 à la place de 46 ) du département du Gard, élaboré par le conseil général. Cette modification du panorama électoral cantonal résulte de la loi Valls, imposant, dès les élections départementales et régionales de mars 2015, une réduction du nombre des cantons (50 % pour le Gard qui passera ainsi de 46 à 23) établie sur des critères démographiques, ainsi que l'adoption du fameux binôme homme/femme pour les représenter. Un duo décrié par bon nombre d'élus. Pour le département du Gard, les cantons nouvelle génération compteront entre 24 685 habitants et 37 028 habitants, avec de terribles disparités si l'on considère, par exemple, que pour atteindre 24 812 habitants, le canton le plus à l'ouest du département englobera de Lanuejols à Pompignan pas loin de 50 communes, alors que 4 seront suffisantes pour constituer un canton d'Alès. Pour parcourir le premier, deux heures de voiture. Pour visiter le second, un quart d'heure.

"Ce redécoupage a été établi sans la moindre concertation et à la tête du client", pour utiliser l'expression même du sénateur Fournier, excédé d'une part que ses propositions - transmises au préfet à deux reprises le 13 février et le 14  mai - aient été passées à la trappe sans autre forme de discussion, d'autre part que la carte cantonale revue et corrigée, basée que sur de seuls données démographiques, ignore la cohésion des territoires promue par les Etablissements publics de coopération intercommunale (EPCI). "Sans vouloir faire de polémique politicienne (NDLR : Fournier a plusieurs fois répété qu'il organisait la fronde au titre de seul sénateur, et non pas de maire de Nîmes, président de Nîmes-Métropole ou moins encore de patron de l'UMP départementale), je ne comprends pas que le sénateur du Gard n'ait pas même été consulté et soit mis, aujourd'hui, devant le fait accompli. Il faut entièrement revoir ce redécoupage cantonal. Il n'est ni simple, ni clair, ni efficace et encore moins cohérent", a-t-il souligné, avant d'illustrer son propos de quelques exemples : la communauté de communes du Pont du Gard "écartelée" entre 5 cantons (soit 10 conseillers départementaux), la communauté d'agglomération d'Alès "atomisée" en 7 cantons urbains et péri-urbains.  Celle de Nîmes en 9 cantons.  Derrière cette nouvelle géographie, les élus se sont également interrogés sur le futur statut des cantons fusionnés : quid des chefs-lieux et de leurs dotations spécifiques ? Quid de la localisation des services publics ?

Le sénateur Fournier a convoqué cette réunion. • Picasa

Poser la question c'est y répondre pour les maires et délégués communautaires invités à faire délibérer leurs conseils municipaux et Epics et à profiter de la visite du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, le 12 juillet prochain à Nîmes, pour lui manifester leur rogne et leur grogne. "Il faut une réaction forte et interpeller le président Damien Alary, afin que le vote solennel de ce redécoupage - fin juin ou début septembre - intervienne à bulletins secrets. Il dit avoir tenu le ciseau, il pourrait se couper les doigts", a commenté Patrick Cavaris, conseiller général UMP de Villeneuve-lez-Avignon. Par ailleurs, les douze conseillers généraux d'opposition, vent debout contre les nouveaux périmètres, vont solliciter un rendez-vous avec Hugues Bousiges, préfet du Gard, afin de lui faire part  de leur profond désaccord. Affaire à suivre.

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