"Ce redécoupage a été établi sans la moindre concertation et à la tête du client", pour utiliser l'expression même du sénateur Fournier, excédé d'une part que ses propositions - transmises au préfet à deux reprises le 13 février et le 14 mai - aient été passées à la trappe sans autre forme de discussion, d'autre part que la carte cantonale revue et corrigée, basée que sur de seuls données démographiques, ignore la cohésion des territoires promue par les Etablissements publics de coopération intercommunale (EPCI). "Sans vouloir faire de polémique politicienne (NDLR : Fournier a plusieurs fois répété qu'il organisait la fronde au titre de seul sénateur, et non pas de maire de Nîmes, président de Nîmes-Métropole ou moins encore de patron de l'UMP départementale), je ne comprends pas que le sénateur du Gard n'ait pas même été consulté et soit mis, aujourd'hui, devant le fait accompli. Il faut entièrement revoir ce redécoupage cantonal. Il n'est ni simple, ni clair, ni efficace et encore moins cohérent", a-t-il souligné, avant d'illustrer son propos de quelques exemples : la communauté de communes du Pont du Gard "écartelée" entre 5 cantons (soit 10 conseillers départementaux), la communauté d'agglomération d'Alès "atomisée" en 7 cantons urbains et péri-urbains. Celle de Nîmes en 9 cantons. Derrière cette nouvelle géographie, les élus se sont également interrogés sur le futur statut des cantons fusionnés : quid des chefs-lieux et de leurs dotations spécifiques ? Quid de la localisation des services publics ?
Poser la question c'est y répondre pour les maires et délégués communautaires invités à faire délibérer leurs conseils municipaux et Epics et à profiter de la visite du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, le 12 juillet prochain à Nîmes, pour lui manifester leur rogne et leur grogne. "Il faut une réaction forte et interpeller le président Damien Alary, afin que le vote solennel de ce redécoupage - fin juin ou début septembre - intervienne à bulletins secrets. Il dit avoir tenu le ciseau, il pourrait se couper les doigts", a commenté Patrick Cavaris, conseiller général UMP de Villeneuve-lez-Avignon. Par ailleurs, les douze conseillers généraux d'opposition, vent debout contre les nouveaux périmètres, vont solliciter un rendez-vous avec Hugues Bousiges, préfet du Gard, afin de lui faire part de leur profond désaccord. Affaire à suivre.