Environ 120 personnes se sont mobilisées ce samedi matin sur le parvis des arènes. Elles ont profité de la visite de Françoise Nyssen, ministre de la Culture, juste en face, venue pour inaugurer le musée de la Romanité. Elles souhaitaient se faire entendre concernant Moussa, ce guinéen emprisonné à Lyon menacé d'expulsion, et contre l'augmentation des prix du conservatoire de Nîmes.
120 pour la police, maximum 200 pour les organisateurs. Quoi qu'il arrive, ils étaient peu nombreux à se dresser face au musée de la Romanité, pancartes, sifflets et instruments à la main. Il y avait convergence des luttes ce matin à Nîmes. Deux causes étaient défendues : Moussa, ce jeune guinéen qui a vécu à Nîmes, actuellement emprisonné à Lyon et menacé d'être renvoyé dans son pays, et la forte hausse des prix du conservatoire de Nîmes.
Les passionnés de musique semblaient l'emporter numériquement sur les défenseurs de Moussa. Mais soutenir l'un n'empêche pas de soutenir l'autre. À l'instar de Marjolaine, venue avec son mari, pour protester dans les deux cas.
Des parents et des enfants qui s'indignent d'une augmentation vertigineuse des tarifs du conservatoire de Nîmes. "En comptant mes deux enfants et mon mari, je passe de 90 à 650 euros de frais d'inscription", alertait Marielle, maman de Clémentine, 6 ans, et de Samuel, 9 ans, venus manifester. Cela se faisait forcément en musique à l'aide du trombone et d'une petite trompette, un cornet. Petits mais bruyants. N'ayant pas de nouvelles de la mairie, Serge Dumont, président de l'association des parents d'élève du conservatoire (APEC) se réjouit "d'être reçu la semaine prochaine par l'Agglo et la DRAC" (Direction régionale des affaires culturelles). La fixation des tarifs reste malgré tout du ressort de la Ville.
Eux aussi se sont fait entendre, sifflets en bouche et slogan "Libérez Moussa" à l'appui. Yves Carel, de Réseau éducation sans frontières (RESF) a confirmé que quelques dizaines de Nîmois assisteraient, à Lyon, au procès de Moussa le 12 juin prochain. "On devrait avoir deux mini-bus pour faire le déplacement", confiait-il. Concernant la volonté d'interpeller Madame la Ministre, peut-être qu'un fond sonore est venu jusqu'à ses oreilles et a éveillé sa curiosité. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'elle n'a pas rencontré les manifestants puisqu'elle est sortie à l'arrière du Musée.
Corentin Corger