À l'entrée du Collège Condorcet, dans le quartier de Pissevin, ils sont une vingtaine de professeurs à faire le pied de grue à l'heure où habituellement, ils débutent les cours. Mais ce jeudi, près de 60% d'entre eux n'assureront pas leur mission puisqu'ils sont en grève contre " des classes trop chargées ", rappelle la banderole qu'ils brandissent. Il faut dire que ce collège situé en zone d'éducation prioritaire (Zep) fait aujourd'hui face à des " classes dont les effectifs atteignent les plafonds réglementaire d'une Zep, c'est à dire 24 élèves par classe ", rappelle le représentant du personnel, ce qui empêche " les professeurs de travailler sereinement et donc nuit aux élèves. " Mercredi, ils ont rencontré l'inspecteur académique pour demander la création de " quatre nouvelles classes ", sans résultats.
Quatre classes de plus souhaitées
Face aux arguments de l'académie, pour qui l'établissement serait " favorisé ", les professeurs font valoir les difficultés de faire classe à 24 élèves d'un collège de Zep. " C'est plus dur de faire classe à 24 élèves ici qu'à 30 dans un autre collège ", assure Michaël, professeur d'histoire et de géographie." On est pas là pour faire de l'animation sociale. Je travaille ici depuis quatre ou cinq ans et croyez moi, pour les nouveaux, c'est vraiment difficile ". La création de quatre classe ferait donc tomber les effectifs à 20 par classes, ce qui ne serait pas du luxe. " On sait que c'est difficile en ce moment donc même une création de deux classes serait déjà très bien ", ajoute le représentant du personnel.
" Ils perdent en concentration "
N'Handi Gouaid, président de l'association des parents d'élèves, a vu les résultats de sa fille baisser considérablement depuis quelques mois. " Elle avait 18 en sixième et et elle désormais à 12 en quatrième. Les classes sont déjà chargées et des élèves arrivent pendant l'année. Il faut bien les aider et cela est forcément fait au détriment des autres qui perdent en concentration. On nous laisse à l'abandon. " Les classes spécialisées sont aussi touchées par le manque de moyens. Pour Amanda, professeur de français langue seconde qui enseigne à des élèves qui viennent d'arriver en France, le problème est peut-être encore plus criant. " Avec les nombreux flux migratoires, on a beaucoup d'élèves qui arrivent en ce moment. " Alors qu'un plafond de 15 élèves existait pour ses classes, il a été supprimé et elle doit s'occuper aujourd'hui de 30 élèves. " De plus, on devait suivre nos élèves pendant deux ans mais cette période a été réduite à un an. Forcément, on ne peut pas avoir les mêmes résultats ".
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