Le Medef Gard avait choisi Octobre rose, mois de sensibilisation à la lutte contre le cancer du sein, pour lancer son nouveau mouvement. Née il y a deux ans au sein du Medef national, Femmes du Medef entend favoriser les échanges, le partage d’expériences et la mise en réseau des femmes dirigeantes. Le Gard devient le 48ᵉ territoire à lancer son réseau. “Nous atteindrons bientôt la moitié de nos MEDEF territoriaux.”
“9 % de crédit en moins quand le dirigeant est une femme”
En ouverture, Steeve Calligaro, président du Medef Gard, a avancé deux raisons d’être à ce réseau. D’abord, un frein sociétal : “Lorsqu’une femme cheffe d’entreprise dépose un projet, notamment auprès des partenaires bancaires, il y a 9 % de crédit accordé en moins.” Ensuite, ce qu’il appelle un “déterminisme”. “Nous sommes le pays de l’OCDE où il y a le moins de femmes en école d’ingénieurs. Quand une jeune fille dit à 13 ou 14 ans qu’elle veut être cheffe d’entreprise, beaucoup vont lui répondre que c’est un métier d’homme.” Père d’une adolescente de 17 ans, il veut que “les femmes chefs d’entreprise inspirent les petites filles et élargissent leur champ des possibles”.
Représentant le maire de Nîmes, Mme Fenech, adjointe en charge de la santé publique et de la santé environnementale, a rappelé le message d’Octobre rose avant de plaider pour une “égalité poussée jusqu’au bout, dans les salaires, l’accès aux droits, l’accès aux métiers”. Elle a cité l’exemple de la Gardoise Madeleine Brès, première femme en France à obtenir un doctorat en médecine. “On ne lui a permis d’exercer qu’à la condition qu’elle exerce auprès des femmes et des enfants.”
Des rôles modèles pour les plus jeunes
Pour le Medef national, l’enjeu est aussi de montrer “que les femmes sont indispensables à notre économie”. La représentante nationale a présenté les objectifs du réseau : atteindre la parité dans les instances du Medef et inciter les femmes à prendre des mandats patronaux, à l’Urssaf, à la CAF ou aux prud’hommes. Elle a aussi présenté une initiative lancée il y a un an pour féminiser les secteurs scientifiques, techniques et industriels. Des femmes de ces métiers interviennent dans les établissements scolaires. “Il y a moins de 30 % de femmes en école d’ingénieurs. Il est hors de question que les femmes se privent des métiers d’avenir.”
“Même banquier, même Urssaf, mais pas toujours les mêmes regards”
Émue, Carole Clavel a pris la parole à la fin des discours. “La vie d’une femme qui dirige une entreprise n’est pas la même que celle d’un homme. Même bilan, même banquier, même Urssaf. Mais pas toujours les mêmes regards.”
Financement, transmission, recrutement, confiance en soi, équilibre entre vie professionnelle et personnelle, pour la présidente, les sujets ne manquent pas. Elle ouvre la porte à tous les réseaux de femmes entrepreneures du Gard. “Il ne s’agit pas de remplacer qui que ce soit. Il s’agit d’être plus forts ensemble.” Le réseau se veut aussi mixte. “Ce lieu doit devenir d’abord un espace de parole féminin. D’abord seulement, car l’objectif est une parole commune portée par tous les entrepreneurs, femmes et hommes.” Une première réunion de travail est prévue le mardi 23 mars 2027. “Une idée qui n’est pas dite est une idée qui n’existe pas. Alors osons la dire ensemble.”