Ce vendredi soir à 22h, en première partie du concert donné pour la feria de Nîmes sur le parvis des Arènes, il n'y aura pas d'artistes. Seulement des intermittents du spectacle qui espèrent expliquer au public les raisons de leur mécontentement sous réserve " que la mairie de Nîmes accepte ", souffle Thierry Ganivenq, technicien lumière sur la scène. Cela ne devrait toutefois pas empêcher le bon déroulement des opérations mais la grogne monte au sein des " professionnels du spectacle ". Leur colère provient d'un accord sur l'assurance-chômage signé le 22 mars dernier entre François Rebasmen, ministre du Travail et le patron du Medef, Pierre Gattaz. Il prévoit la diminution de leur rémunération de 1% et la mise en place " d'un différé de plus ou moins 30 jours tous les dix mois, durant lequel il n'y aura pas d'indemnisation pour les intermittents ayant gagné plus de 8 500 euros ". De même, " l'augmentation des cotisations patronales va réduire les projets et faire baisser l'emploi. " Des conditions " inacceptables " qu'ils dénoncent.
Pas de menaces sur la feria
Intermittent implanté à Montpellier depuis 2005, Thierry Ganivenq a vu ses collègues du Printemps de la Comédie bloquer l'Opéra de Montpellier, mardi soir. Un mouvement qu'il approuve, pestant contre l'attitude du gouvernement. " Ils nous soutenaient tous avant d'être élus. Même Rebsamen, qui a reçu un Molière de la trahison, a retourné sa veste ", regrette Thierry. C'est surtout le manque " de dialogue ", qui n'est pas compris. L'objectif des intermittents, c'est maintenant d'empêcher que cet accord soit entériné par le gouvernement. La bonne tenue des festivals d'été est donc à craindre. " Tous peut se passer, comme en 2003 avec l'annulation du festival d'Avignon ". Pendant trois soirs sur le parvis des Arènes, ils seront 35 à s'affairer pour que le spectacle se passe du mieux possible malgré la tension du moment. " Vous savez, on aime ce que l'on fait. Cela nous broie si on doit annuler mais c'est notre seul moyen de nous faire entendre. " S'ils comprennent qu'il faut faire des économies, " nous sommes prêts à diminuer les plafonds ", ils regrettent surtout que " l'on nivelle tout par le bas ". C'est ce qu'ils essayeront de dire au micro ce soir. Si on leur laisse cette possibilité.
Jean-Marie Cornuaille
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