Publié il y a 12 ans - Mise à jour le 10.03.2014  - 3 min  - vu 503 fois

NÎMES Colistiers contre leur gré

Djilali Mezghenna (à gauche) et Hippolyte Mathieu (à droite) espèrent être retirés de la liste d’Elizabeth Pascal. (Photo J.-M.C.)

Sur la placette, adjacente à la rue de l'Hôtel-Dieu dans le centre de Nîmes, la nouvelle a fait grand bruit. Plusieurs commerçants et habitants du quartier se sont rendus compte qu'ils figuraient sur la liste d'Elizabeth Pascal, candidate sans étiquette mais ancienne membre du FN et du MNR. Une aberration pour ceux qui pensaient avoir signés une pétition. " C'est une dame qui vit depuis longtemps dans le quartier qui est venu nous voir pour une pétition pour la rénovation de la placette. On travaillait, on a pas trop regardé et on a signé ", reconnaît Djilali Mezghenna employé d'une supérette. Au sein de l'enseigne, ils sont quatre à avoir signé leur document Cerfa qui s'est en fait, révélé être un document attestant leur présence sur la liste d'Elizabeth Pascal pour les municipales. " Je ne la connaissais même pas. Je ne fais pas de politique et encore moins pour l’extrême droite. Vous imaginez, on est dans un quartier populaire ici ", lance le jeune homme.

Une quinzaine de personne concernées ?

L'histoire ne s'arrête pas la. Au fur et à mesure que l'affaire s'ébruitait dans le quartier, de nouveaux cas se sont révélés. Hyppolite Mathieu a signé en sortant d'un autre commerce. " Je connais cette dame depuis longtemps. Je lui faisais confiance mais quand ma sœur m'a appelé en me disant que je figurai sur une liste d'extrême droite, j'ai pensé que c'était une blague ", sourit-il. Plus loin, c'est Yvette Garrigue, assise sur un banc de la placette, qui a eu la surprise de découvrir son nom sur la liste. " J'étais sur le banc quand elle m'a imploré de signer le document. Elle n'a jamais parlé de politique alors j'ai signé pour lui faire plaisir ". Au Tabac-presse, à l'autre bout de la placette, Bernard Picorella, le gérant, est excédé même si son cas est un peu différent." On est venu me présenter un programme dont les idées ne m'ont pas choquées mais jamais on ne m'a dit que cette femme appartenait à l'extrême droite. J'espère donc bien ne plus figurer sur cette liste ", indique-t-il, derrière son comptoir. À en croire Djilali Mezghenna, il y aurait " une quinzaine de personne concernées ". Face à cette " abus de confiance ", le jeune homme entend dénoncer " ces pratiques ".

" Leur nom n'apparaitra plus "

Pour contester leur présence sur la liste, les quatre employés de la supérette et la compagne de l'un d'entre eux ont fait appel à un avocat du barreau de Nîmes, maître Guillaume Garcia. Pour lui, pas de doute, il y a bien eu manipulation. " Le document Cerfa qui leur a été présenté était mal imprimé. Le titre était très peu lisible et le paragraphe mentionnant les implications d'une signature était aussi quasiment invisible ".  Une plainte au pénal a été déposé à l'encontre de la femme qui a fait signer la pétition. De plus, " un retrait gracieux de la liste ", va être adressé au préfet. Si jamais il venait à échouer, " une contestation devant le tribunal administratif de Nîmes ", serait alors intenté pour essayer de retirer les noms de la liste avant le premier tour, surtout " que certains signataires ne savaient visiblement même pas lire ". Toutefois, ce genre de procédure " peut être longue " et l'urgence est surtout " d'éviter que leurs noms ne figurent sur les 70 000 tracts qui vont être distribués ", rapporte Guillaume Garcia. Contactée, Elizabeth Pascal assure de sa bonne foi : " Oui, leurs noms n'apparaitra plus sur les documents et journaux ". La liste étant enregistrée depuis le 6 mars auprès de la préfecture, elle ne peut néanmoins pas être modifiée. Mais pour Elizabeth Pascal, pas de doute, " Il y a forcément eu des pressions ". Affaire à suivre.

Jean-Marie Cornuaille

jeanmarie.cornuaille@objectifgard.com

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