« Sans vous, je suis rien. » Joseph Pronesti appelle les gilets orange à le rejoindre sur scène. Standing ovation. Ce samedi matin, au Marché gare de Nîmes, le président de la Banque alimentaire du Gard tient à mettre les bénévoles au premier plan. Plus de soixante qui donnent de leur temps chaque semaine pour collecter, trier et acheminer les denrées.
Selon le bilan présenté par Joseph Pronesti, la Banque alimentaire du Gard a aidé 46 000 personnes en 2025 par l’intermédiaire de ses associations partenaires. Près de 1,7 million de kilos de denrées ont été distribués, soit l’équivalent d’environ 3,4 millions de repas. Chaque semaine, plus de soixante bénévoles participent à cette activité.
De la place pour travailler
Le nouvel entrepôt offre environ 1 450 m², davantage de capacité de stockage au froid et des allées plus larges pour faciliter la circulation des denrées. Sur le toit, les panneaux photovoltaïques doivent permettre de réduire les dépenses de fonctionnement. Le président annonce même « zéro de facture énergétique ».
Cette inauguration marque une étape pour une équipe inventive et entreprenante, qui a dû surmonter des retards et des difficultés techniques. Joseph Pronesti insiste sur la priorité donnée, tout au long du projet, à la préservation des moyens consacrés à l’aide alimentaire. La Banque revient aussi de loin. En novembre 2024, un incendie criminel avait détruit six de ses véhicules.
L’association entend désormais poursuivre ses actions contre le gaspillage alimentaire, développer les partenariats et travailler davantage auprès des établissements de formation. Sa mission, résume son président, consiste à « lutter contre le gaspillage alimentaire et aider l’homme à se nourrir dignement ».
« Proprement inacceptable »
Faut-il se réjouir de voir une banque alimentaire s’agrandir ? Vincent Bouget lance le paradoxe. Le maire de Nîmes, présent à l'inauguration, salue les progrès réalisés. Mais la nécessité même de tels locaux suscite sa colère. Il juge « proprement inacceptable » la situation qui oblige tant de personnes à recourir à l’aide alimentaire « dans un pays qui se veut être un des plus riches du monde ».
L’élu évoque les files d’attente devant les associations et la dégradation des conditions de vie. Pour le maire, il est normal que les collectivités et l’État financent ces associations, qui accomplissent un travail de service public. Alors que Joseph Pronesti vient de remercier les partenaires du projet, le maire renverse la politesse : « C’est à nous de remercier tous les bénévoles associatifs. » Les nouveaux locaux donnent à la Banque alimentaire davantage de moyens pour agir. Pour collecter, trier et distribuer, elle a toujours besoin de bénévoles.