On le pressentait depuis quelque jours... il l'a confirmé ce vendredi en fin de matinée, en direct des Jardins de la Fontaine : Damien Alary est candidat aux élections municipales de Nîmes. Fruit "d'un long cheminement, d'une mûre réflexion, désormais conclue par la certitude de voir s'éloigner le cancer des cordes vocales qui lui a causé tant de souffrances physiques et morales", cette décision a été annoncée "de ce lieu d'histoire et de vie, de ce symbole de force et de puissance" qu'est le Temple de la Fontaine, où Nîmes aurait un nouveau rendez-vous avec son histoire.
"Après de nombreuses consultations avec ma famille et mes amis, ainsi qu'avec les instances départementales et locales du Parti socialiste, j'ai décidé de me porter candidat à la tête de liste. Je suis en confiance de mon parti et des six secrétaires de sections PS de Nîmes. Je vais à ce combat avec modestie et simplicité mais avec beaucoup d'ambition. J'ai compris que ma candidature était attendue, j'ai confiance", a commenté le président du conseil général du Gard, avant de décliner ce qu'il estime être ses atouts majeurs : son attachement à la ville de Nîmes où il a fait ses études et où il vit l'essentiel de son temps , son expérience d'élu qui, en quarante ans de vie politique, a accédé à tous les mandats au suffrage universel, ainsi que sa position privilégiée à la tête - depuis 14 ans - d'une collectivité de 700 000 habitants, gérant un milliard d'euros de budget annuel et employant 3 500 salariés. "J'ai acquis à la présidence du Département, une grande expérience et j'ai su rassembler toute la gauche : des socialistes aux communistes en passant par les écologistes. Je ne serai pas seul dans ce combat, que je mènerai devant. Je souhaite rassembler ma famille politique, puis la gauche toute entière et, enfin, les Nîmois(es) qui réclament l'alternance. Je veux coordonner et animer, pas plus ! Je suis dans le combat et je sais qu'il sera difficile. Je viens pour changer les choses. Justifiant sa candidature à un troisième mandat, Jean-Paul Fournier pour lequel j'ai le plus grand respect, affirme qu'il veut finir le chantier. Je lui fais observer que la ville n'est pas un chantier et qu'un maire n'est pas un conducteur de travaux", a ajouté Damien Alary, costume printanier et sourire en sautoir, devant des statues qui, seules, sont restées de marbre à l'annonce de cette candidature.
Interrogé sur le tandem qu'il pourrait constituer avec la députée socialiste Françoise Dumas qui ne fait pas mystère de son souhait de conquérir l'hôtel de ville, le président du conseil général a affirmé : " Françoise Dumas est une amie de longue date. Il y a entre elle et moi de l'affection, de la tendresse. Elle a fait un bon bout de chemin avec moi, à mon cabinet où elle est restée 7 ans, puis à Habitat du Gard dont elle fut la directrice adjointe. Elle a également été élue au conseil régional Languedoc-Roussillon sur la liste que je conduisais. C'est une femme compétente, talentueuse, avec un sens aigu de la vie publique. il y aura un tandem avec Françoise Dumas, ce duo doit exister. J'ai besoin d'elle et c'est vers une collaboration que nous allons". Damien Alary s'est toutefois refusé "à attribuer des places aux uns et aux autres, sauf à se moquer de la République comme le fait Jean-Paul Fournier qui a déjà réservé la présidence de Nîmes-Métropole à Yvan Lachaud, au mépris des 27 communes de la communauté d'agglo".
Maintenant que le "leader" est désigné, les forces de gauche vont vraisemblablement mettre à profit les vacances d'été pour se rapprocher et élaborer un projet "dans le respect des valeurs de la République et des convictions de chacun". "Cette ville est abîmée depuis une dizaine d'années, elle ne fonctionne qu'avec des coups ! Il est temps d'arrêter cela et de revenir à l'essentiel" avec, pour illustrer le propos du candidat Alary le désintérêt du sénateur-maire sortant pour les emplois d'avenir : "Je suis sidéré de voir que Jean-Paul Fournier ne signera aucun emploi d'avenir. L'emploi des jeunes n'est ni de gauche, ni de droite. il est l'affaire de tous".
Interrogée sur cette candidature, Françoise Dumas qui n'était pas aux côtés de Damien Alary (elle était retenue par des obligations parlementaires), se déclare "ravie que le président du conseil général veuille mener la liste". "Je crois à l'addition des compétences, des personnalités, des énergies et des projets" ajoute-t-elle, faisant toutefois valoir que dans le partage des combats à mener et des rôles "elle se sentait la plus à même d'incarner la ville". Entendez par là de porter l'écharpe de maire en cas de victoire.