"Avec l'accord de ma famille, de mes proches, des élus... mais aussi avec les encouragements des Nîmois que je rencontre régulièrement et qui sont plutôt fiers de leur ville et du travail accompli par l'équipe municipale sortante, j'ai décidé de briguer un troisième mandat. Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, que j'ai joint lundi soir au téléphone, le souhaite aussi ardemment", a commenté Jean-Paul Fournier, droit dans ses bottes, à l'ombre d'un olivier, dont il espère bien qu'il demeurera arbre de paix et de concorde. "En 2001 - après avoir vécu la déroute du 18 juin 1995 où nous avions perdu la mairie avec pas moins de quatre listes au second tour - j'ai fait l'union. Je suis persuadé que nous y parviendrions encore. Il faut qu'elle se réalise rapidement, c'est indispensable".
Autant dire qu'Yvan Lachaud, démis depuis un an de son mandat de député, ne devra pas lanterner avant de se prononcer sur la proposition de Jean-Paul Fournier et engager des négociations sur le nombre, la place et les perspectives d'avenir de ses ami(e)s centristes : "Je lui avais proposé cette partition il y a deux mois, il ne m'a pas répondu. Je la lui ai renouvelée samedi après la séance du conseil municipal, il m'a dit être retenu par ailleurs et ne pouvoir me rencontrer ces jours-ci. Je lui ai toutefois fait part, ce dernier lundi en soirée, de mes intentions, comme à l'ensemble des mes collègues de la majorité municipale. Il m'a paru un rien agacé", a affirmé Jean-Paul Fournier. Avant de rappeler "que tel qu'il s'y était engagé, il avait soutenu à deux reprises, en 2007 et 2012, la candidature de Lachaud à l'Assemblée nationale" et qu'il avait "le plus souvent tendu les bras aux uns et aux autres" (Marie-Chantal Barbusse, Laurent Burgoa, Thierry Procida...), balayant ainsi d'un revers de manche le reproche qui, parfois, lui est fait de régner sans partage.
"Yvan Lachaud pourra venir à nos côtés avec son équipe. Même si nos personnalités différent, nous n'avons jamais eu de problèmes. L'UDI a toujours voté avec nous", a ajouté le sénateur-maire, par ailleurs chef de file gardois d'une UMP qui ne fera nulle autre concession : "Copé m'a rappelé que s'il y avait des arbitrages à rendre pour Strasbourg, Reims, Toulouse, Rouen... il n'y aurait aucune discussion sur Nîmes. Si l'UDI prétend à la moindre exigence, l'UMP se lèvera et quittera la table des négociations". Dont acte ! Concernant l'équipe qui pourrait repartir à ses côtés pour une troisième conquête de la mairie (une performance que seuls les élus de gauche Edgar Tailhades et Emile Jourdan ont jusqu'alors réalisée), Jean-Paul Fournier estime qu'elle pourrait être renouvelée pour 25 % à 30 % de l'effectif et compter, peu ou prou, autant d'élus centristes que la sortante. Soit une douzaine sur 43 édiles. Quant à savoir si Yvan Lachaud cumulerait à la fois les fonctions de président de l'agglo Nîmes-Métropole et de deuxième adjoint à la ville, l'observation un rien malicieuse de Jean-Paul Fournier vaut les plus longs discours : "Il est adjoint aux Finances depuis douze ans. La présidence de l'agglomération lui prendra beaucoup de temps et il est déjà à la tête d'un gros établissement scolaire. Pas mal pour un seul homme, non !".
Evoquant les motivations l'ayant encouragé à briguer un troisième mandat - une décision qu'il aurait prise il y a quelques semaines déjà - le sénateur-maire argumente d'abord sur son "bon bilan, salué par majorité des Nîmois", ensuite sur les chantiers qu'il ambitionne d'achever ou de lancer, afin de laisser une empreinte durable sur la cité des Antonin. "Avec la forte présence du Front national, ce sera sans doute un peu plus compliqué que d'habitude, mais je suis déterminé à gagner. J'ai de bons retours de mes concitoyens. Avec mon équipe, nous allons nous mettre au travail et élaborer un programme autour de deux thèmes majeurs : la sécurité et la proximité. Avec, en perspective, la deuxième tranche du TCSP (Transport en commun en site propre), l'achèvement de l'université, la musée de la Romanité dont la première pierre sera posée en janvier 2014... Je suis candidat pour gagner et faire un travail de fond. L'union ne s'arrêtant pas aux municipales de Nîmes, je prendrai également une part active à la préparation des autres échéances : cantonales, régionales, européennes...".