A Alès ce matin ils étaient 2000 selon les organisateurs, 750 selon la police, au delà de ce petit jeu de chiffres, il est certain que l'on n'avait pas vu autant de monde dans la rue à Alès depuis ... 2010 sur le même sujet, la manifestation sur la sécurisation de l'emploi en mars dernier ayant mobilisé moitié moins de monde ! Une représentation qui n'est que "le début d'un vaste mouvement de protestation populaire à préparer" selon les syndicat GGT, FO, FSU et Solidaires réunis derrière la banderole unitaire à Alès pour l'occasion.
A Alès, les quatre syndicats qui ont appelé à la manifestation vont donner tour à tour la parole à leurs représentants locaux. Martine Sagit pour la CGT rappelle ainsi pour sa part "le comble qui est de voir cette réforme présentée comme nécessaire et juste par ceux-là même qui étaient encore dans la rue à nos côtés pour manifester contre il n'y a pas si longtemps !" Aimée Couderc Nétange pour FO souligne "logique regressive mise en place sur un calendrier : 1993, 2003, 2007, 2010 et aujourd'hui 2013 et qui vise à créer les conditions d'une nouvelle base du coût du travail dont la baisse continuelle profite au patronat seul". "Ce jour est un jour historique" clame-t-elle, "celui de l'appel à une grève massive des salariés contre la forfaiture de cette contre-réforme des retraites..." Même discours chez Sud Solidaires ou Michel Sala qui reprend les arguments d'un coût du travail qui doit rester au plus bas et pour qui "cette journée doit être le début d'une mobilisation plus vaste. La réforme des retraites est en effet au carrefour de toute la situation sociale" commente-t-il : Doit-on perdre sa vie à la gagner ? Aujourd'hui les jeunes ne voient plus dans la retraite une garantie et les plus âgés n'y voient plus un repos. Nous sommes en pleine régression sociale". Alain Perrod (FSU) confirme cette régression. "Dans la situation actuelle qui veut que les jeunes accèdent de plus en plus tard à l'emploi, nous allons condamner les nouvelles générations à ne pas prendre leur retraite avant 67 ans ! Les effets de cette reforme frappent également lourdement les personnes aux carrières courtes et notamment les femmes. Pour ceux là c'est la double peine".
Un petit coup de sirène bref pour rappeler la présence du syndicat des pompiers et la manifestation entame ensuite une large boucle dans le rues d'Alès avec une courte pose devant la chambre de commerce et d'industrie et une autre devant la permanence du député socialiste Fabrice Verdier où seul son attaché parlementaire présent viendra repousser du pied un fumigène brûlant contre la porte.
Le cortège s'étire ensuite dans les rues de la ville dans le calme et sans slogan, accompagné de la musique diffusée par le camion sono. A 12h00, la manifestation se disperse en donnant rendez vous à ceux qui le souhaitent pour rejoindre la manifestation de Nîmes.