A l'occasion de la journée de la Femme, Objectif Gard a décidé de consacrer lui-aussi celles sans lesquelles nous serions rien... ou si peu. A travers cinq portraits de femmes convaincues qu'elles méritent de tenir toute leur place dans un univers par trop machiste, elles témoignent de leur parcours, de leur métier et du regard qu'on pose sur leur ascension sociale et professionnelle. Elles sont aussi pour ces dames un encouragement "à ne rien lâcher" pour parvenir sans plus de délais à une véritable égalité des droits et devoirs. A rappeler à longueur de journée qu'elles valent bien des hommes ... même s'il leur reste parfois bien du chemin à parcourir. Sur ce parcours vers une véritable reconnaissance, Objectif Gard les accompagnera sans relâche afin que chaque jour soit celui de la femme.
Vigneronnes depuis quatre générations
Marguerite, Lucie, Jacqueline et aujourd'hui Fanny, quatre générations de femmes se sont suivies au Château de Beaubois, Domaine Laroche à Franquevaux.
"Aujourd'hui je ne me sens pas faire un métier d'hommes" explique Fanny Molinié Boyer. Il y a eu en effet une forte féminisation au niveau des œnologues et des gens qui travaillent dans les caves. "En tant que femme, notre approche est sans doute plus sensible et plus à l'écoute. Il y a une grande part d'éducation dans le rapport avec le client. Or l'éducation est une compétence très féminine. Notre vocabulaire est parfois légèrement différent aussi, plus adapté aux particuliers mais nous sommes parfaitement reconnues en termes de sérieux et de maîtrise". Fanny a rejoint lors de sa création il y a quatre ans les "Vinifilles" groupement dynamique d'exploitantes du Languedoc-Roussillon. "D'abord pour partager nos expériences entre femmes, mais également pour promouvoir nos productions et notre métier ". L'exploitation s'étend sur 50 ha, en Costières de Nîmes, vendus pour moitié à l'étranger. Le vignoble s'est converti en 2009 en agriculture biologique. "Là aussi, nous sommes pas mal de femmes à être en conversion vers le bio. Nous faisons les choix alimentaires dans la famille et nous sommes peut-être plus concernées. Je vis sur un domaine familial que j'ai envie de transmettre à mes enfants. Je n'ai pas envie de polluer". "Mon arrière grand-père était médecin de campagne, puis il y a eu les guerres, à l'époque les femmes ont du faire tourner le domaine. Pour ma part, j'ai eu le choix. C'est un métier passion et aussi un métier féminin. Je souhaite que nous soyons de plus en plus nombreuses à l'aimer et à le vivre.".
Tel 04 66 73 30 59 www.chateaubeaubois.com
Sophie Vaneecke, 53 ans, journaliste féministe et engagée
Franco-Belge, "bipatride", comme elle se définit elle-même, Sophie Vaneecke est l'une de ces journalistes engagée, qui vérifie ses sources et pèse ses mots, le tout avec une pincée d'humour belge. Mère d'un ado de 18 ans, la journaliste rock'n'roll, spécialisée dans la justice et l'Europe a su adapter sa plume aux mutations économiques de la presse. Dans l'exercice de son métier, être femme ne lui a jamais porté préjudice : "je n'ai jamais senti de gène parce que l'interviewer était une intervieweuse". "La notion de séduction" compte dans la profession, au même titre que les relations hommes/femmes de la vie quotidienne ! Pas de DSK donc dans les couloirs de l'hémicycle Nîmois…
Aujourd'hui, si la profession de journaliste se féminise, "les femmes ne détiennent toujours pas de postes à hautes responsabilités. On compte 478 hommes directeurs de presse contre seulement 97 femmes… C'est pas terrible, hein !", fait remarquer Sophie. Concernant l'avancé de la condition de ces dames, notre journaliste nîmoise voit un peu cette journée de la femme comme "les restos du coeur". "En France nous avons toutes les lois, mais pas les moyens…". Le regard tourné vers la jeunesse, elle appelle les jeunes à s'engager pour l'égalité, en rappelant que le droit de côte des femmes a été accordé qu'en 1944. "C'était il n'y a pas si longtemps... Il faut y aller!".
Laure Beccuau, Procureur de la République de Nîmes
A force d’obstination et de travail, Laure Beccuau est devenue, depuis le 2 janvier dernier, la nouvelle Procureur de la République de Nîmes. Native de la région parisienne, cette femme de 52 ans a choisi une voie très prisée par les femmes : celle de la magistrature. Selon une étude du CNRS commandée par le Conseil Supérieur de la Magistrature, près de 60% des effectifs de la magistrature sont des femmes. Seulement, incroyable paradoxe, il y a deux fois plus d’hommes aux postes « à responsabilités ». Bonne joueuse, la Procureur n’accable pas ses collègues masculins, ne pointe personne du doigt : « je n’ai pas eu le sentiment d’évoluer dans un milieu machiste. J’ai toujours progressé et mon parcours fait que je ne peux pas m’estimer non reconnue », admet-elle humblement. Dans son quotidien, elle le reconnait aussi, cette journée de la Femme « est une journée comme les autres » mais « elle a néanmoins un sens et doit montrer aux femmes que le champ des possibles est ouvert à toutes ». Son parcours en est la preuve.
Ghislaine Glad, chargée de la communication de la DDSP
Plus de trente ans de bons et loyaux service rendus à la Police. Voici comment on pourrait résumer le parcours de Ghislaine Glad qui est entrée dans la Police sur les conseils de son frère aîné (lui-même policier). C’est en 1982 que la fonctionnaire, alors âgée de 24 ans, décroche le concours de l’école de Police à Vannes. Mais pour cette niçoise qui a grandi à Saint-Paul-de-Vence, il est impensable de rester trop longtemps éloigné de son sud natal. La vie est bien faite : elle obtient son premier poste à Marseille, dans un commissariat du VIème arrondissement. Elle se remémore son entrée dans cet univers exclusivement masculin : « Ce n’était pas évident. Le sous brigadier était habitué à travailler avec des hommes. Il a fallu faire sa place. Il fallait prouver en permanence ».
En 1988, pour rejoindre son mari, elle est mutée à Nîmes, une ville qu’elle ne connaît pas. Et autant dire qu’elle va se souvenir de son arrivée : « J’étais censée commencer le 3 octobre 1988, le jour où il y a eu de terribles inondations à Nîmes. Je n’ai jamais pu prendre mon service ». Après être passée par différents postes, on lui confie en novembre 2006 la communication de la DDSP, fonction qu’elle occupe seule, avec énormément de passion. Aujourd’hui, à l’occasion de la journée de la femme, elle se félicite du changement des mentalités : « Il y a eu une évolution positive de la société vis-à-vis des femmes. Dans la Police, c’est pareil. Les femmes sont là, il faut conjuguer avec. Mais les gens en ont pris l’habitude. A Nîmes, par exemple, il y a des femmes dans tous les services. Et je rappelle qu’elles suivent les mêmes formations que les hommes ! » Qu’on se le dise.
Ingrid Mathé, sapeur-pompier volontaire au Grau-du-Roi
À seulement 29 ans, Ingrid Mathé, commerciale dans l'industrie pharmaceutique de profession, compte déjà dix années d'expérience en tant que sapeur-pompier volontaire. C'est un peu par hasard que la jeune femme s'est retrouvée un casque de soldat du feu sur la tête. "J'ai passé mon diplôme de sauveteur et de secouriste chez les sapeurs-pompiers de la Grande-Motte (Hérault). J'ai découvert leur métier et j'ai voulu entrer en caserne." Un choix courageux. D'une part parce que le métier peut être difficile physiquement et émotionnellement. Mais aussi parce qu'il faut bien l'avouer, rare sont les femmes qui prennent le chemin des camions rouges. "Au Grau-du-Roi, nous sommes une dizaine sur presque 80 pompiers, professionnels et volontaires" précise Ingrid Mathé. C'est incontestable, "les femmes ont réussi à faire leur place en caserne depuis une dizaine d'années mais ça peut être encore difficile pour nous. Nous avons plus de chose à prouver. Nous sentons que nous n'avons pas droit à l'erreur, on nous les reproche plus facilement. Mais au Grau-du-Roi, tout se passe bien, il y a un vrai travail d'équipe. Certains même nous chouchoutent, pas tous mais certains !" s'amuse-t-elle. Et oui messieurs, inutile de vous le cacher, vous avez besoin des femmes. Si parfois les muscles leur manquent, elles ont toutefois l'art et la manière de s'adresser aux victimes. "C'est vrai que nous avons une approche différente, disons moins impressionnante, pour discuter avec les victimes. Nous sommes plus douces, plus attentionnées." Enfin, ne faisons pas de généralité, il y a toujours des exceptions à la règle...