N’y a-t-il aucune limite à l’ignominie ? Tout porte, hélas, à le redouter à la vue de la vidéo intitulée « Les nazis ont changé de nom », envoyée ces jours derniers à plusieurs personnes gravitant dans le milieu taurin gardois. Adressé de façon anonyme sur leur mail personnel - et parfois en plusieurs exemplaires - cet envoi établit un odieux parallèle entre les nazis qui exterminèrent des millions de personnes… et les aficionados. Sur l’image de deux corps décharnés, une voix interpelle le destinataire en lui affirmant (excusez du peu !) que son goût pour la tauromachie, l’aurait conduit, en d’autres temps, à s’engager dans les Waffen SS et exterminer sans état d’âme, des millions de juifs, tziganes, homosexuels, francs-maçons… Un amalgame ordurier que nous refusons de relayer en bloquant la vidéo.
S’il n’est pas dans notre propos de contester aux anti-corrida le droit d’exprimer leur point de vue et défendre leurs convictions (notre site d’information leur est d’ailleurs accessible), il est par contre dans nos prérogatives de nous indigner devant un tel procédé et d’en alerter l’opinion publique. Minable et indécent que de pratiquer de la sorte une forme de terrorisme intellectuel, qui n’honore pas plus ses auteurs que les intérêts qu’ils prétendent défendre ! Plus encore lorsque un avocat patenté de la cause animale utilise le symbole des camps de la mort pour illustrer son propos « contre le groupuscule d’aficionados qui salit la race humaine ». Ne parlons pas du traumatisme provoqué par ce jugement à l'emporte-pièce parmi les aficionados ayant eu un parent, un ami, exterminé à Dachau, Auschwitz ou Buchenwald ! Indigne et nauséabond.
C’est, certes, injurier le destinataire et sa conscience, mais aussi - sinon surtout - insulter l’histoire et outrager les millions de victimes de la barbarie nazie. Il est des sentiments qui, jamais ô grand jamais, ne doivent triompher des symboles. Et des millions de morts que les opposants à la corrida ne peuvent s’autoriser à exhumer de leur sanctuaire.