Publié il y a 45 min - Mise à jour le 24.09.2026 - Sacha Virga - 3 min  - vu 107 fois

FAIT DU SOIR Gendarmerie de Lunel, le capitaine Capon aux commandes

Capitaine Christophe Capon

Le capitaine Christophe Capon, de la gendarmerie de Lunel

- Sacha Virga

Depuis le 1ᵉʳ août dernier, une nouvelle figure veille sur la sécurité des Lunellois. Le capitaine Christophe Capon a officiellement pris le commandement de la brigade de gendarmerie de Lunel, l'une des plus importantes de France par ses effectifs. Un poste qu'il n'a pas hésité à briguer, l'abordant avec une détermination affichée.

Dans son bureau, le capitaine Christophe Capon affiche une certaine sérénité et l'envie d'œuvrer au mieux pour le quotidien des Lunelloises et des Lunellois. Mais avant de poser ses valises dans la cité pescalune, l'officier a parcouru un chemin dense au sein de la gendarmerie nationale. Intégré en 2004, il passe une douzaine d'années dans la Grande Couronne parisienne, entre le Val-d'Oise et Dammartin-en-Goële, avant de rejoindre Port-Leucate comme adjoint-chef.

Il entame ensuite une parenthèse de quatre ans en Outre-mer, sur la compagnie de Kourou, en Guyane, une mission qu'il a jugée palpitante, se souvient-il, et où il décroche le concours d'officier. Direction ensuite l'école des officiers de la gendarmerie nationale, avant un premier commandement à Castelnaudary, dans l'Aude, pendant quatre années durant lesquelles lui et son épouse s'investissent localement, au point de rejoindre la confrérie du Cassoulet. "C'est la force du gendarme, résume-t-il. C'est d'aimer son territoire et de vivre avec son territoire".

C'est donc un officier expérimenté et profondément attaché à l'ancrage territorial qui arrive à Lunel. "J'ai postulé pour Lunel, et j'ai la chance que ma hiérarchie m'ait fait cette confiance de me donner ce poste. Ça ne se refuse pas", explique-t-il.

Effectif pléthorique

La brigade de Lunel compte un effectif de 57 gendarmes, complété par une cellule de 4, soit 61 militaires au total. "Nous travaillons sur un secteur de 12 communes", précise le capitaine, qui juge le ratio gendarmes/habitants "quasiment respecté". "Une très belle unité avec des gendarmes qui ont une très, très grande compétence", juge-t-il, chacun étant recruté pour sa particularité.

Les priorités opérationnelles sont claires : la lutte contre l'économie souterraine, les intérêts aux biens, les intérêts aux personnes, mais aussi et surtout tout ce qui concerne les violences intrafamiliales et violences sexuelles sur les mineurs : "Vraiment, on lutte au quotidien là-dessus." Un sujet qui revient d'ailleurs comme le motif d'intervention le plus fréquent : "Énormément sur tout ce qui est en lutte de violences intrafamiliales. C'est vraiment quelque chose qui est prégnant pour nous". Sur ce terrain sensible, l'ensemble des gendarmes a été formé pour gérer cette problématique, épaulé par une intervenante sociale et la maison de la protection de la famille.

« Lunel a une réputation qui n'a plus lieu d'être »

Interrogé sur l'image parfois écornée de la commune, héritée des années 2010, le capitaine Capon se montre catégorique : "Lunel a une réputation qui n'a plus lieu d'être." Et sa méthode pour tourner la page : une gendarmerie qui s'ouvre. "La volonté que je vais vouloir insuffler depuis mon arrivée, c'est d'ouvrir la gendarmerie à l'extérieur. D'aller vers les gens et les écouter, d'aller à la rencontre des commerçants, de montrer la gendarmerie et d'expliquer notre mission", annonce-t-il, évoquant notamment une rencontre prévue avec le conseil municipal des jeunes, pour leur expliquer les missions de la gendarmerie.

Le capitaine Christophe Capon
Le capitaine Christophe Capon et son adjoint Samy Saint-Marc-Ouadfel • Sacha Virga

La nouvelle gendarmerie

Symbole de cette nouvelle ère, la construction d'une nouvelle gendarmerie doit débuter dans quelques mois, avec la pose de la première pierre. "C'est vraiment énorme cette caserne", confie le capitaine, mais conscient du vide que la caserne Vauban va laisser dans le cœur de certains gendarmes. Mais l'intérêt prime : "On est militaire, le gendarme est un militaire. La vie du militaire, c'est en caserne. Il faut avoir l'ensemble de nos militaires dans un même lieu, en cas de crise ou de catastrophe".

Ces locaux seront également repensés pour l'accueil du public et pour être plus efficaces dans le traitement des affaires avec les victimes. Sans oublier la construction de nombreux logements neufs pour les gendarmes. Son bilan est sans appel : "Je ne vois que des points positifs."

Autre atout mis en avant : depuis quelques mois, le centre de supervision urbain (CSU) de la mairie de Lunel est relié en direct au centre opérationnel de gendarmerie de Montpellier. "C'est vraiment quelque chose d'extraordinaire que j'ai vu dans très peu d'endroits, se félicite le capitaine. La sécurité à Lunel est quelque chose qui est vraiment pris en compte." Elle fait d'ailleurs partie des quatre priorités de mandat de la maire Paulette Gougeon.

Côté terrain, une convention avec la police municipale permet déjà des échanges de matériel. Par exemple au niveau des fêtes de Pescalune, les échanges des moyens radios sont déjà en place. Viendront plus tard mais très rapidement : les patrouilles mixtes dans les rues du centre-ville "pour redonner un sentiment de sécurité". Un dimensionnement qu'il juge précieux.

Pour ce père de deux enfants, originaire du Pas-de-Calais, la mission lunelloise devrait durer entre trois et quatre ans, durée classique pour un commandement d'officier. Une échéance qu'il envisage avec optimisme et avec beaucoup d'envie.

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