"Un polytraumatisme gravissime", et "une amputation en urgence", avec "une souffrance endurée qui ne sera pas inférieure à 5/7", le rapport d'expertise médico-légal du docteur Mounir Benslima est d'une précision chirurgicale. La présence de la victime à l'audience permet de mieux comprendre la souffrance d'un homme qui était au mauvais endroit et au mauvais moment. " Je m'excuse, mais je n'ai rien contre lui. Ce n'était pas moi j'étais dans un état second, l'alcool la cocaïne", affirme le prévenu pour justifier son geste de "folie"au volant de sa voiture. Un suspect qui avoue être très impulsif et qui a du mal à répondre posément aux questions de la juridiction.
C'est un film d'horreur qui s'est déroulé ce 11 juin 2024 vers 21h10 sur la commune de Fons-outre-Gardon. Un homme qui a bu et qui est sous cocaïne se rend avec un membre de sa famille et son fils de 3 ans dans le bar du village. "Il cherchait tout le monde sans aucune raison", "il faisait le caïd et insultait de morts", dira sur procès verbal un témoin. Un autre ajoute : " je pensais qu'il allait faire une connerie à la sortie du bar". À la place d'une connerie, il s'agira d'une tentative de meurtre au départ de l'affaire. Un homme, 43 ans, père de famille avec trois enfants, comparaît ce jeudi 24 septembre 2026 pour des violences avec usage ou menace d'une arme... Il a foncé en voiture sur un autre véhicule et a filé sur la terrasse d'un bar alors qu'il y avait des clients. Un homme a été percuté et a été grièvement blessé. Cet homme digne qui ne souhaite pas prendre la parole à l'audience est amputé, il a des blessures permanentes dont le handicap ne peut être inférieur à 50%.
" Après avoir vu la vidéo, on peut être content de voir la victime ici, c'est un miraculé l'homme que je représente. Deux ans qu'il vit un calvaire, qu'il se dit qu'il aurait du mourir ce soir-là et qu'il souffrira toute sa vie", enchaîne Maître Marlène Druilhe... "Il a été amputé en urgence absolue le soir même et a été opéré, hospitalisé et pendant deux ans il a vécu dans un centre spécialisé",. "On lui a enlevé sa vie", plaide la partie civile, Me Druilhe alors que la victime baisse la tête. Un homme qui a été percuté par la voiture folle et qui a été pris en étau entre deux automobiles. Les images de vidéosurveillance ont été diffusées à l'audience et l'on voit la voiture et son conducteur accélérer, rouler sur le trottoir, percuter un premier véhicule qui est projeté sur la terrasse avec deux hommes qui sont touchés. Un fera un malaise, l'autre sera amputé en urgence, "et toute sa vie, il restera amputé et handicapé", complète l'avocate parisienne.
" J'imagine que cette audience doit être une déception pour la victime et sa famille. Il attendait des explications", "rien n'arrête le prévenu ce jour-là", "la vision des blessures causées", ou des morceaux de chairs ont été retrouvés sur le pare-choc dénonce la procureure. "Et devant vous aujourd'hui, à l'audience il lève les yeux au ciel, sourire en coin". "C'est un choc d'une telle violence que les véhicules se retournent". "Il fait des doigts d'honneur en partant du bar, un témoin entend je vais tous vous tuer". "Il y a une détermination certaine, complète la procureure. Ses gestes sont précis et calculés. Après les faits, il souriait et se roulait une cigarette". "Une violence explosive et extrême", "une impulsivité reconnue". "Il a une amnésie bien pratique et très sélective qui commence dans le bar et qui se termine juste après les faits", selon la procureure qui réclame à 10 ans de prison avec une peine de sûreté des 2/3 et un maintien en détention.
"Madame la procureure vous demande la suppression de mon client", plaide Maître Guillaume Raymond. "Tout le monde est ivre dans ce bar, personne ne se souvient de rien". " Une rage immonde l'envahit avant de prendre ce véhicule". "Il est envahi par quelque chose qui le dépasse". "Il veut détruire le véhicule Clio devant le café mais il n'a pas l'intention de percuter une personne", poursuit l'avocat de Montpellier pour la défense du prévenu. " Il n'avait pas l'intention de tuer".
Ce jeudi soir le tribunal correctionnel de Nîmes, présidé par Jérôme Reynes, a suivi les réquisitions du parquet pour le mis en cause déjà connu pour plusieurs condamnations et qui était sorti de prison un mois avant le drame.
Il est ce jeudi santionné à 10 ans de prison dont 2/3 de peine de sûreté avec un maintien en détention. Il lui est interdit de repasser le permis de conduire pour une durée de 5 ans et il a l'interdiction de détenir une arme pour la même durée.