Ce 8 novembre au matin, malgré un temps très incertain, plus de 700 personnes se sont mobilisées à Arles à l'occasion de la Marche pour l'inclusion organisée par l'ASSPA (Association Sport Santé du Pays d'Arles). Gaël Givet (ex-footballeur professionnel international), Stéphanie Mariage (quadruple médaillée paralympique en tennis de table), Fredy Martinez (participant à l'émission Pékin Express) et l'humoriste Anthony Joubert étaient les ambassadeurs de cette troisième édition.
D'année en année, l'événement créé par le fondateur de l'association, Thomas Joubert, prend de l'ampleur. Il rassemble de nombreux partenaires : des associations sportives, des associations d'entraide, des institutions engagées pour une société plus solidaire, plus inclusive, et des citoyens impliqués.
Les enfants, venus dès 10h, ont pu ainsi découvrir la boccia, le rugby à XIII, le handball, le sport adapté, l'athlétisme, en allant jouer sur les stands installés sur l'esplanade Charles-de-Gaulle. Le CCAS, l'association les Petits Fouque, Divertisens, Parcours handicap 13, l'AFFTC 13, la Nuit du Handicap 13 de Saint-Andiol, Trilogis, l'Aide aux Aidants, etc, ont donné au public des informations très utiles, des conseils pratiques, avant que la marche proprement dite ne commence vers 11 h 30.
Le sourire d'Émilie
Une marche dédiée à Emilie Monnier décédée le 4 décembre 2025, à l'âge de 32 ans. "Le 8 octobre 2025, elle portait avec fierté et émotion la flamme olympique au côté de sa maman Dominique, lors de la deuxième Marche pour l'inclusion et les aidants. En son hommage et pour honorer sa famille (Dominique, Michel, Sébastien et Romain), la Marche pour l'inclusion est désormais baptisée “Souvenir Emilie-Monnier”. Emilie incarnait l'inclusion et le combat pour une société plus juste. Un prix “coup de cœur”, remis chaque année en son nom, prolongera cet engagement » assurait l’AASPA en annonçant cet hommage qui va droit au cœur de Dominique.
"Émilie était porteuse d'handicap, de trisomie 21, mais elle travaillait avec moi dans un petit resto en ville. Elle faisait des activités le samedi matin avec l'association. Pour Thomas, elle serait allée jusqu'au bout du monde. Le jour de ses obsèques, l'église de la Major était comble et la place était noire de monde. On n'oubliera jamais le sourire d'Émilie, et aujourd'hui encore on voit que personne ne l'a oubliée. Cela nous réconforte. Vous savez, l'an dernier je savais que ce serait la dernière marche que je ferai avec elle…".
"Ne pas se sentir seul"
"Quand on a un proche, un enfant touché par un handicap, on se retrouve souvent seule. L'ASSPA fait un beau travail, elle a beaucoup de mérite et de courage, et je suis heureuse qu'un tel événement soit organisé dans notre ville et connaisse ce succès", assure une maman. "La vie pour les aidants, pour les parents, relève souvent du parcours du combattant. Le handicap est totalement absent du débat électoral. Il y a pourtant des besoins qui ne sont pas assez pris en compte...", poursuit-elle.
Chacun apporte donc sa pierre pour combler ces manques. C'est le cas de l'association des Petits Fouque, présente pour vendre ses calendriers. Daniel Fouque tient la menuiserie à Trinquetaille et poursuit son action afin d'aider des enfants malades et leurs familles. "Cette année, la vente des calendriers va permettre d'aider Emmy, Marin, Thomas, Arthur et l'association 'Handi ! Cap. 100 %' des ventes, à partir de 10€ le calendrier, va aux enfants. L'an dernier, nous avons pu réunir 75 000 €. Notre lien avec l'ASSPA, c'est de l'amitié et du respect pour ce qu'ils font sur le terrain".
Le CCAS était également présent. "Depuis deux ans, nous avons créé un pôle appui inclusion et handicap dont l'objectif est de pouvoir mieux intégrer les enfants dans les lieux communs : le périscolaire, les centres aérés, les centres de loisirs" explique Delphine Cascio. "Nous accompagnons les familles et pouvons les orienter vers les activités proposées par ASSPA qui est un partenaire très utile dans cette ville".
Partenaire essentiel aussi sur Arles : l'hôpital avec lequel l'ASSPA collabore. Amelyne Blanc et Audrey Pasturel sont venues parler du café des aidants organisé à l'hôpital de jour. "C'est un temps d'échange, un moment de partage d'expériences, une dynamique de groupe, que nous avons lancé en 2025. On s'aperçoit de la réelle difficulté parfois à demander de l'aide quand on a un proche malade et qu'on a besoin de soutien. Nous sommes là aujourd'hui pour en parler. Le prochain rendez-vous a lieu le 30 novembre à 15h. Nous estimons également que la pratique d'une activité physique adaptée permet aux malades de mieux supporter les traitements, de faire baisser la douleur. Il est prouvé que la pratique du sport amoindrit le risque de récidive après un cancer. Et bien sûr elle renforce le lien social et fait du bien au moral".
"Vivre ensemble avant tout"
Unanimité donc chez les partenaires pour participer à cette Marche pour l'inclusion animée par les musiciens de la batucada Viagem Samba. Ils ont donné le rythme tout au long du parcours, de l'Esplanade Charles-de-Gaulle aux Jardins de Luma (avec une belle photo de famille), puis un retour par l'Avenue Victor-Hugo.
De retour sur l'Esplanade Charles-de-Gaulle, les Disciples d'Escoffier ont remis un chèque de 6750 € à ASSPA résultant d'un repas de gala. Plus modeste, mais important également, le SOA, club partenaire de longue date, a versé 450 €, bénéfice de la corrida pédestre.
Thomas Joubert se déclare satisfait et fier que cet événement monte en puissance. "Des idées vont sans doute émerger pour donner encore plus d'ampleur à cette Marche pour l'inclusion. Nous avons beaucoup de chance de pouvoir fédérer les clubs et les associations arlésiennes voulant comme nous porter le message d'une société plus inclusive, une société qui se regarde un peu moins le nombril… Nous voulons simplement vivre ensemble avant tout".