Publié il y a 12 ans - Mise à jour le 09.05.2014  - 3 min  - vu 421 fois

FAIT DU JOUR Bellegarde, capitale européenne le temps d'une journée

Rendez-vous le 25 mai dans vos bureaux de vote pour les élections européennes. (Photos J.-M.C.)

Angela Thomas (à droite) et ses amies Chris et Carol.

Depuis 16 ans à Bellegarde, le 8 mai n'est pas seulement l'occasion de commémorer la victoire de 1945. C'est aussi un bon moyen de célébrer l'Europe au port de plaisance qui accueille toute la journée, la Fête de l'Europe. Une manifestation qui prend tout son sens en cette année 2014, alors que se profilent les élections européennes. Au comptoir des 40 stands, les candidats et membres de partis politiques n'ont d'ailleurs pas laissé passer cette occasion pour essayer de mobiliser leur électorat en vue du scrutin du 25 mai. Juan Martinez, maire de Bellegarde, préfère pourtant y voir l'occasion de rappeler " que l'Europe, c'est la paix ". Né en Espagne à Lorca, lui a choisi la France mais au-delà ce choix de vie, il espère transmettre son message " de fraternité et de partage au sein de l'Europe comme ici au port de plaisance où des Européens de toutes les nationalités tiennent bénévolement un stand en proposant des produits de leur pays ".

" Des hommes sont tombés pour obtenir le droit de vote "

Roseline (au centre, en gris) a préparé des pâtes.

Cette année l'organisation a choisi de mettre le Royaume-Uni à l'honneur. Sous sa tente, à l'abri des rayons du soleil, Angela Thomas propose des fromages au lait cru, comme le veut la tradition britannique. Pour cette citoyenne anglaise née à Londres et arrivée en France en 1996, " voter est très important ". Il faut dire que cette retraitée a grandi durant la seconde guerre mondiale, sous les bombardements, " une expérience que je ne veux pas revivre ". Si elle a gardé la nationalité britannique, la loi française lui autorise le vote aux européennes comme aux élections municipales. Elle se déplacera donc le 25 mai prochain dans son bureau de vote de Vallabrègues. " Il y a tellement d'hommes qui sont tombés pour obtenir ce droit que c'est un devoir de le faire ", lance-t-elle alors qu'elle distribue des morceaux de fromages en compagnie de ses amies, Chris et Carol.

Des directives européennes qui font râler

Carmen Balsera est très active puisqu'elle prend part à de nombreuses manifestations associatives.

Un peu plus loin, Roseline est plus sceptique quand au rôle de l'Europe. Née d'un père immigré Italien arrivé en France alors qu'il avait quatre ans, elle voudrait que l'Europe n'outrepasse pas ses prérogatives. " Elle doit s'occuper des problèmes européens et ne pas s'immiscer dans les affaires de chaque pays ". Élue au conseil municipal de Bellegarde, elle ira voter mais regrette les effets de directives européennes parfois difficiles à comprendre. " J'avais un bateau au port de Saintes-Maries-de-la-Mer. Nous étions une cinquantaine de bateaux et à cause d'une décision européenne obligeant tous les ports à construire des douches, il a fermé. " Malgré cela, elle ne fait pas partie des eurosceptiques et verrait d'un mauvais œil la sortie de la France des institutions européennes. Elle remarque seulement qu'à l'époque de ses aïeuls, " il fallait parler français quand on arrivait et pas seulement chercher un RSA ".

" Le vote devrait être obligatoire "

Guy et Ingrind de Bleser estiment que l'Europe est " nécessaire ".

Tout autour d'une table du chapiteau consacré aux produits espagnols, Carmen Balsera partage une paëlla avec ses amis. Originaire de Madrid, elle habite la France depuis ses 22 printemps et elle n'a jamais loupé une occasion d'aller voter. " Cela devrait être obligatoire. Surtout quand on voit dans quel monde on vit aujourd'hui. " Malgré sa retraite, Carmen est encore très active. Bénévole, elle aime à s'occuper de personnes handicapées et espère " que l'Europe va permettre d'améliorer nos vies, sans quoi, elle ne servirait à rien. " Un sentiment que partagent Ingrid et Guy de Bleser. Belges, ils ont accosté leur bateau sur le port de plaisance de Bellegarde pour la belle saison. Européens convaincus, ils jugent l'institution " nécessaire même si évidemment, il y a quelques critiques ". Avec Bruxelles, le pays est de toute façon tout acquis à la cause européenne " puisque nous en sommes la capitale ", sourient-ils, alors qu'ils proposent frites et bières aux consommateurs. Ils ont d'ailleurs fait une procuration pour pouvoir partir l'esprit libre car en Belgique comme en France, " l'extrême droite appelle à quitter l'Union Européenne même si c'est une minorité ". Si l'élection avait dû se dérouler à Bellegarde hier, l'Europe y aurait rencontré à coup sûr, un grand succès.

Jean-Marie Cornuaille

jeanmarie.cornuaille@objectifgard.com

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