Publié il y a 1 h - Mise à jour le 04.11.2026 - Sacha Virga - 3 min  - vu 51 fois

EXPRESSO Les futurs grands chantiers d'ULPI à Langlade

Pierre Plantefève ULPI Langlade

Pierre Plantefève, président de l'association ULPI

- Sacha Virga

À Langlade, le président de l'Union langladoise de prévention incendie (ULPI), Pierre Plantefève, lance la nouvelle saison de débroussaillage. Son association de bénévoles veut s’équiper d’une machine à 27 000 € et faire école bien au-delà du village.

Le café, l’apéro, et entre les deux, des tronçonneuses. À Langlade, la saison des chantiers de l’ULPI vient de reprendre. Elle durera jusqu’au 15 juin, date après laquelle le débroussaillage est interdit. Onze week-ends sont au programme, validés en assemblée générale après un calendrier préparé fin août par le bureau, en fonction de ce qui a été fait l’année précédente et des urgences.

Pierre Plantefève n’est pas un enfant du pays. Avec son épouse, il a quitté le Nord, entre Lille et Valenciennes, à 10 km de la frontière belge, pour passer sa retraite dans le Gard. La maison de Langlade est prête en janvier 2019, et il pousse la porte de l’ULPI au forum des associations. En septembre, il entre au comité de direction. "Autant rentrer tout de suite dans le fonctionnement", résume-t-il. Après la Covid, il devient trésorier pendant un peu plus de trois ans. Il y a un an, Michel Delay, qui présidait l’association depuis 18 ans, lui passe le relais. Il reste vice-président.

L’ULPI a vu le jour en 1984, après deux incendies au cœur même du village. Quarante ans plus tard, elle compte plus de 150 adhérents. Elle entretient une interface de 7 km de long et 42 hectares entre les habitations et la garrigue. L’an dernier, avec la mairie et des riverains, 30 hectares ont été traités. L’objectif est de faire la même chose cette année sur la partie restante.

Un samedi, un dimanche, une quinzaine de bénévoles

Chaque chantier tient en deux matinées, de 9h à midi. Le bureau arrive avant tout le monde pour sortir le matériel et les équipements de protection. Les bénévoles s’organisent eux-mêmes. "Moi, aujourd’hui, je voudrais faire de la débroussailleuse à dos", lance l’un ; un autre préfère la grosse machine. Pause café à 10h, reprise, puis apéro tous ensemble à midi. On remet ça le dimanche.

La moyenne est d’une quinzaine de présents : 15 le samedi et 12 le dimanche pour le dernier chantier. Le record est de 25, un jour de mars l’an dernier. "On ne leur explique plus comment fonctionne une tronçonneuse", sourit le président. Les habitués connaissent les gestes et les protections à porter.

Le travail est méthodique. La mairie passe d’abord avec un gyrobroyeur pour dégrossir. Une équipe reprend avec des débroussailleuses à dos, suivie d’une autre qui broie avec une machine auto-tractée. On taille les branches des arbres conservés jusqu’à trois mètres de hauteur. "Ce n’est pas un stade de football", précise le président : des bosquets sont laissés pour les animaux et la biodiversité. Les grosses branches, qu’on ne peut pas broyer faute de broyeur (trop cher, trop lourd à tracter), sont brûlées avec l’autorisation du préfet. Le SDIS est prévenu au démarrage du chantier, et le feu est surveillé jusqu’à son extinction.

Pourquoi une machine à 27 000 €

Voilà la raison de la quête de financements. Avec le dérèglement du climat, la végétation passe en quelques semaines de "grasse" à haute d’un mètre dès mars-avril. Il faut donc repasser sur les zones traitées avant juin, quand commence la saison dangereuse. La machine à 27 000 €, que l’association espère acheter d’ici la fin de l’année, doit permettre cette repasse dès février-mars.

Pour la financer, l’ULPI, qui vivait surtout de cotisations et de dons, a changé de braquet. Le Crédit Agricole et plusieurs commerçants du village (une cuisiniste, la pharmacie, un opticien, une jardinerie de Caveirac) mettent la main au portefeuille. Perrier, premier soutien, aussi. La mairie a reversé 3 000 € sur les 10 000 € qu’un assureur lui a remis pour ses aménagements de prévention. L’ULPI siège aussi, avec Perrier, le syndicat des garrigues et le SDIS, dans un groupe chargé de protéger le bassin d’alimentation de la source. Elle y a pour mission de sensibiliser les villages concernés, car un feu contaminerait la ressource.

Pour autant, le président reste lucide sur les limites du dispositif. "On n’a pas la prétention de dire qu’on va empêcher le feu d'arriver." Un mégot jeté de l’autoroute, à 8 km, par vent du sud, peut aller très vite. Arrêter les flammes reste le travail des pompiers, dont les moyens progressent dans le Gard. L’ambition de l’ULPI est de freiner un feu venu des forêts voisines avant qu’il n’atteigne les maisons.

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