Publié il y a 58 min - Mise à jour le 04.11.2026 - Corentin Dimanche - 3 min  - vu 59 fois

BAGNOLS/CÈZE La mairie met fin à 38 ans de gestion départementale des musées

Patrick Malavieille, vice-président du département à la culture, entouré de ses homologues du canton de Bagnols/Cèze : Alexandre Pissas et Sylvie Nicolle.

- CD

La maire Pascale Bordes a acté la fin de la convention de gestion scientifique et administrative des musées Albert-André et Léon-Alègre, ce que le Département regrette. À deux mois de l'échéance, chaque camp défend sa vision de l'avenir d'un patrimoine bagnolais unique.

Une absence de signature fait couler beaucoup d'encre dans les musées de Bagnols/Cèze. La maire Pascale Bordes a en effet décidé de ne pas reconduire la convention avec le conseil départemental pour la gestion scientifique et administrative des musées Albert-André et Léon-Alègre. "Une décision lourde de conséquences pour la vie muséale", anticipe Patrick Malavieille, vice-président du département à la culture, qui affirme que les 24.000€ annuels sont "loin de couvrir l'entièreté de l'engagement matériel et humain", à savoir "les missions administratives, scientifiques et de valorisation".

Mais depuis l'élection de mars 2026, ce sont "des services que nous n’avons plus", assure la première édile bagnolaise : "Je n’ai même pas les codes de l’alarme, alors que j’ai quasiment tout le temps le téléphone d’astreinte et que le musée Albert-André est juste au-dessus de mon bureau. Un jour, j'ai cru voir un cambriolage, mais il s'agissait de transporteurs dont on ne m’avait pas prévenu la venue." L'élue considère aussi que les collections "ne tournent pas suffisamment", entrainant des "journées à quatre entrées, des dimanches à une entrée". "Ce serait difficile de faire pire gestion", résume-t-elle. 

"Quel avenir ? Quelle volonté de poursuivre ensuite ?"

En face, le conseil départemental met en avant 6097 entrées en 2025, dont 573 élèves, et la participation à des évènements nationaux comme la Nuit des musées, les Journées Européennes du Patrimoine et des copistes. Le département craint alors une "rupture de l'ADN du musée, un changement d'identité", mais aussi une perte pour les "réseaux professionnels, les médiateurs, les associations locales, les artisans d'art, les élèves, les amis du musée et d'Albert André..." Patrick Malavieille appelle alors à "mesurer la dimension d'attractivité territoriale" du 'musée de l'amitié', qui tire son nom des 730 œuvres données depuis 1917, et questionne : "Quel avenir ? Quelle volonté de poursuivre ensuite ?"

Patrick Malavieille, vice-président du département à la culture, entouré de ses homologues du canton de Bagnols/Cèze : Alexandre Pissas et Sylvie Nicolle. • CD

Pascale Bordes répond : "Le musée Albert-André doit vivre et chacun doit se l’approprier. Je suis ce que me disent les visiteurs et les personnels : cela manque d’attractivité, de tournées des collections et il faut revoir le mobilier. Je compte bien donner aux collections la réputation et le lustre qu’elles méritent. Concernant le musée Léon-Alègre, je compte bien le rouvrir".

Un recrutement nécessaire d'entrée

La municipalité travaille à des partenariats à venir "avec des villes réputées dans l'art" et affirme avoir "pleinement conscience de ses obligations au regard de l’appellation Musées de France". Elle prévoit d'ores et déjà d'utiliser les 24.000 euros récupérés pour recruter un personnel scientifique. En lancement de carrière, le salaire oscille entre 1 850 € à 2 300 € bruts par mois hors primes. Une charge qui s'ajoute à celles qui incombaient déjà à la commune : les personnels d’accueil et de surveillance, l’entretien du bâtiment, la sécurité des publics et des collections, le système d’astreinte d’intervention sur site, les frais d’assurance des œuvres empruntées, la communication... 

La maire Pascale Bordes

Autre argument avancé par la municipalité : la convention "n’est pas adaptée à la situation géographiquement éloignée des musées". Pourtant, le siège de la conservation départementale est au musée laïque d'art sacré de Pont-Saint-Esprit. Pascale Bordes souhaiterait une "réactivité différente" et affirme ne jamais avoir obtenu de rendez-vous avec Lucienne Del'Furia, directrice de la conservation départementale. 

La maire dénonce aussi un "fort taux d’humidité" au musée Albert André, "susceptible potentiellement de détériorer en tout ou partie les œuvres conservées". Patrick Malavieille répond que la ville étant propriétaire du bâtiment, c’est d'ores et déjà à cette dernière d’entretenir le bâtiment de 360 m².

"Si ce n'est pas un procès politique, cela y ressemble très bien"

Une rencontre est prévue le 13 novembre prochain afin d'organiser les modalités de fin de convention. Le conseil départemental se dit tout de même "prêt à la resigner", la décision étant "unilatérale" de la part de la mairie : "Mon unique préoccupation est la bonne préservation et transmission du patrimoine", indique Patrick Malavieille. Pascale Bordes attend de son côté le "listing le plus exhaustif possible" sur les appartenances des différentes œuvres et semble bien moins ouverte à la signature : "Cela fait longtemps que je n’attends plus rien. Si ce n'est pas un procès politique, cela y ressemble très bien".

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