Publié il y a 13 ans - Mise à jour le 26.02.2013  - 2 min  - vu 198 fois

Descendus devant leurs commissariats, les policiers témoignent de leur ras le bol

Les policiers regroupés devant le commissariat d'Alès le 26 février Photo DR/RM

"Quand vous voyez des policiers manifester dans la rue c'est que cela va vraiment mal". Ils sont plus d'une vingtaine, le mardi 26, descendus devant le commissariat d'Alès, comme dans d'autres commissariats un peu partout en France, invités par le syndicat pour un hommage aux policiers tués. Mais il ne faut pas beaucoup pousser la question pour recueillir le ras le bol de cette profession qui est encore plus privée de parole que de moyens.

Les moyens  parlons-en : "Au départ on était 15 par brigade. Quand je suis arrivé à Alès en 1997 on était encore 9. Aujourd'hui on est 6 dont deux adjoints de sécurité (ADS)". On a une Brigade anti-criminalité (BAC) qui ne tourne pas toute la nuit" précise Jean Marc Rouvière, délégué syndical à Alès. "Ici faudrait une douzaine de postes supplémentaires pour remettre les gars à un niveau correct."

"On est confronté à une délinquance de plus en plus violente avec des sanctions qui ne sont pas à la hauteur" commentent les policiers présents. "On doit faire face des gamins qui attaquent de plus en plus jeunes, agissent en toute impunité. On les retrouve à l'âge adulte aguerris, se moquant des juges et des lois, et prenant la prison pour le Club Med". "On a pas peur d'aller sur la voie publique, c'est notre métier et nous l'aimons. On a juste peur que cela ne serve à rien" explique un premier fonctionnaire. "Si on arrive trop tôt c'est pas bon, trop tard c'est pas bon non plus et que dire si on arrive pas" ajoute un second, plus âgé, "et en plus nous devons toujours nous justifier. La moindre caissière de supermarché peur voir vos papiers, pas nous." "C'est dur de penser qu'en  France un policier n'aurait pas eu le droit d'ouvrir le coffre où l'on a retrouvé la petite Chloé..." commente un troisième.

Derrière tout cela il y a question d'éducation, une société qui "fout le camp". Et l'argument de la crise économique ne tient pas debout, tout le monde est touché par la crise, même les policiers. Visiblement la justice ne trouve pas de solution. Alors certains s'avancent, "peut être faudrait il se poser la vraie question qui sort du politiquement correct : Qui sont les délinquants actuellement ?" Il n'y aura pas de réponse parce qu'il n'y pas de question. A part le psychologue en cas de coup dur, les policiers de la rue ne trouvent pas la "bonne" oreille.

Pas de parole et pas les moyens de se faire entendre. Déposer les armes ? Ne répondre qu'aux appels du 17 ? Ne plus rentrer des sous dans les caisses ? Balivernes. D'ailleurs vous n'avez jamais lu ce papier. Les fonctionnaires rentrent au commissariat, et chacun reprend son boulot.

Raphaël MOTTE

raphael.motte@objectifgard.com

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