Les toros du Curé de Valverde que ne célèbrent plus guère d'offices dans le Gard depuis que les arènes du Temperas d'Alès les ont éloignés des cartels, ne valaient pas une grand' messe... mais dans la chapelle taurine de Beaucaire, ils ont néanmoins trouvé leur enfant de choeur en la personne de Marco Leal. Dans un amphithéâtre garni pour un gros tiers par l'aficion locale, le jeune arlésien dont le bruyant fan-club voisinait avec la présidence, a coupé une oreille à chacun de ses exemplaires. La première un tantinet généreuse, la seconde plus encore, même si l'on doit reconnaître que le jeune maestro au toreo électrique qui a effectué, l'hiver dernier, une tournée triomphale en Amérique du sud, a survolé les débats à la pose des banderilles (l'abnégation qu'il déploya sur son premier, peu coopératif, fut un modèle du genre) et a tué ses toros de la façon la plus orthodoxe. Ou plutôt la moins scabreuse. Avec son dernier, il hérita qui plus est, du seul exemplaire pas trop faiblard et au comportement un peu noble.
Moins de succès par contre pour Alberto Aguilar, apodéré par Campuzzano dont la volonté et la détermination n'ont pas suffi devant son premier Valverde avisé et réservé, puis devant un haut Conca y Sierra, très armé, qui n'offrit au maestro d'autre alternative que de protéger tant que faire se peut sa fémorale. Enfin, après une première faena sans grand relief, on retiendra la très correcte prestation de Rafael de Julia sur son second exemplaire, un puissant toro de 560 kgs qui alla deux fois au cheval avec enthousiasme et force, avant d'autoriser une faena de muleta très correcte, qui aurait mérité une autre reconnaissance. Sans trop comprendre le pourquoi du comment, nulle pétition d'oreille ne monta des gradins. C'est ainsi...