Ce mercredi c'était le dernier marché hebdomadaire avant le premier tour des Municipales de dimanche. L'occasion pour les différentes listes de distribuer leurs derniers tracts avant le scrutin.
Devant les grands panneaux en bois rue Fernand-Crémieux, certains passants prennent le temps de s'arrêter devant les affiches de campagne des candidats. On peut déjà entendre des "je les connais eux" ou plus franchement des "je ne veux pas voter pour lui".
En descendant la rue, on tombe sur toutes les équipes de campagne, tracts à la main, place "Tamalou". Tirant son surnom des personnes d'un certain âge qui y parlent de leurs maux et bobos, ce point névralgique du marché bagnolais compose depuis plusieurs mercredis avec un autre sujet de conversation brûlant : les élections. Sujet encore plus prégnant à quelques jours du premier tour.
Pas loin de la permanence de Corine Martin, tête de liste de "Rassemblons Bagnols", les membres de son équipe sont à pied d'oeuvre. "On a un bon accueil. Bagnols a bien besoin de se réveiller ! Niveau sécurité, c'est plus la peine. Il y a des endroits où la police n'intervient même plus", clame un de ses colistiers. Il ne peut aussi s'empêcher d'évoquer quelques craintes par rapport à l'épidémie de Coronavirus : "J'espère que ça ne va pas trop perturber l'élection."
"On est là aujourd'hui pour répondre aux dernières questions
des Bagnolais"
Interrogation partagée par Jocelyne Gayte, investie par Les Républicains et tête de liste de "Passionnément bagnolais", qui ne se fait pas trop de mouron tout de même : "Il y a du monde, il fait beau. A priori le Coronavirus n'a pas trop affecté la fréquentation du marché, espérons que les gens sortiront encore dimanche." L'un de ses colistiers affirme : "La réunion publique d'hier soir s'est bien passée. On est là aujourd'hui pour répondre aux dernières questions des Bagnolais notamment sur la place des parkings."
Martine Laurent, mandataire de la liste de Christophe Prévost "Pour les Bagnolais, par les Bagnolais", a choisi la technique de la "femme sandwich" pour qu'on la voit. Grandes pancartes cartonnées devant et derrière et gilet jaune en dessous, difficile de la manquer : "Ça se passe bien hormis une personne de la partie adverse avec qui on a discuté. On va faire un malheur vu la réceptivité des gens. Presque ils s'arrêtent pour demander des tracts."
Thierry Vincent et son équipe étaient aussi place "Tamalou", pancarte avec la liste "Alliance citoyenne" à bout de bras. La tête de liste s'exprime : "On a une écoute de la population qui est montante. Beaucoup de gens veulent en savoir plus. On est dans le prolongement de notre militantisme de terrain." Il poursuit : "Je ne me contente pas de donner un papelard. J'ai besoin d'expliquer de quoi il s'agit. Et j'aime quand il y a de la contradiction. Je privilégie de mettre en oeuvre la conviction plutôt que le racolage."
"À 72 heures de l'élection, tout le monde sait pour qui il va voter"
Une vingtaine de colistiers de Christian Roux était aussi sur le pont ce mercredi matin. Au marché mais aussi dans les quartiers. Ils ont préféré déposer eux-mêmes les tracts de "Convergences citoyennes" dans les boîtes aux lettres bagnolaises plutôt que de recourir à la voie postale. "Sur le marché, il y a beaucoup de gens qui ne sont pas de Bagnols mais c'est incontournable pour le tractage", livre la colistière Evelyne Harel. L'équipe a aussi le soutien d'Alexandre Pissas, maire de Tresques, conseiller départemental et président du SDIS 30, venu ce mercredi "aider ses amis". ll regrette néanmoins que les "deux listes de Gauche" (celles de Thierry Vincent et de Christian Roux, NDLR) ne se soient pas unies.
Un peu plus loin, le maire-candidat, Jean-Yves Chapelet, fait tranquillement son marché. Pas d'équipe, pas de documents de campagne sous le bras, juste ses achats du jour. Il n'a pas souhaité tracter ce dernier mercredi avant le premier tour : "À 72 heures de l'élection, tout le monde sait pour qui il va voter. En plus, on est trop nombreux sur la place, il y a les commerçants aussi. Ce qui le veulent viennent me parler".
Il n'a fait que trois mercredis de présence car "la propagande est arrivée dans les boîtes aux lettres". Un biais plus sûr évitant les contagions, selon lui, par ces temps d'épidémie de coronavirus. Non loin de lui, Jean-Christian Rey, président de l'agglo du Gard rhodanien et aussi sur sa liste "Bagnols 2020", fait aussi ses emplettes comme tous les mercredis : "Et je continuerai à le faire quel que soit le résultat des élections", insiste-il.
Marie Meunier