Après avoir, à l'instar des autres villes de France, invité leurs sympathisants à se réunir devant la sous préfecture d'Alès à 11h00 ce mardi matin la coordination du Front de gauche Alès Cévennes (GGT, FO, FSU, Solidaires) s'est rendue en cortège à travers la ville jusqu'à la permanence des députés.
Il s'agit d'attirer l'attention du public et surtout des députés, en l'occurrence William Dumas et Fabrice Verdier, sur la ratification demain à l'Assemblée de l'accord sur l'emploi signé le 11 janvier dernier par le MEDEF la CFTC, la CGC et la CFDT. Pour le Front de gauche, cet accord est perçu comme "une nouvelle étape dans le démantèlement des droits des salariés". "Il s'agit d'une véritable régression pour les salariés. Cet accord comporte 19 points qui sont favorables au patronat contre seulement 5 ou 6 en faveur des salariés" explique Aimée Netange responsable de l'Union Locale FO. "Sur le fond nous sommes tous d'accords et je suis ravie pour ma part de voir que l'on milite à nouveau aujourd'hui avec la CGT, ce qui n'a pas toujours été le cas sur Alès même si nous avons de bonnes relations". Même constat pour Bernard Vire, secrétaire de l'Union locale CGT, encore sous le choc de la mise en liquidation de l'entreprise Shelbox annoncée quelques instants plus tôt (voir ici) . "On est heureux de se trouver réunis dans cette intersyndicale avec le regret que la CFDT se soit aligné derrière le MEDEF". Pour Jean Marie Terendij, militant de l'Union syndicale Solidaires, le contenu de ce texte démontre seulement "que les salariés sont devenus une simple variable d'ajustement". "On est ici pour faire le lien au niveau local sur ces décisions nationales, et c'est important car le bassin alésien connait une situation catastrophique au niveau de l'emploi". Le PCF s'est joint à la manifestation. "Nous avons distribué plus de 8000 tracts sur Alès ces derniers jours" explique Sylvain André, secrétaire de la section d'Alès. "Nous ne voulons pas que le PS tombe, mais il ne peut pas gouverner dans ces conditions. Nous attendons un changement de cap." Dans un document appelant à la manifestation l'intersyndicale souligne quelques points qu'il juge inacceptables comme le fait qu'un salarié puisse être licencié pour refus de mobilité (art 15), ou encore qu'un salarié qui refuse l'application d'un accord collectif de baisse de salaire ou d'augmentation du temps de travail puisse être licencié de manière inattaquable pour motif économique individuel (art 18).
Raphaël MOTTE
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