A l'image se son nouveau logo qui montre des jeunes de toutes couleurs tournés vers la lumière, l'association Avenir Jeunesse qui fêtait hier à Alès ses 25 ans affiche chaque jour plus de transparence sur les actions menées dans ce secteur mal connu de la "prévention spécialisée".
"Aujourd'hui le Conseil général qui nous finance nous demande une plus grande visibilité et nous pousse à être plus transparents dans nos actions auprès des jeunes" expliquait jeudi soir Muriel Allègre, présidente de l'association. Il faut dire qu'en 25 ans les choses ont bien évoluées sur le terrain de la prévention spécialisée. Vingt cinq ans et peut être plus car comme le rappelait Gérard Blachère, l'ancien président à l'occasion de cet anniversaire, il y avait déjà eu du travail effectué avant 1987. Si le cadre à changé, le but lui est toujours resté le même "Comment donner de l'espoir, transmettre de l'assurance aux jeunes" explique Muriel Allègre.
Mais revenons au départ. La prévention spécialisée démarre vraiment après la seconde guerre mondiale par la création de clubs d'enfants, de patronages... c'est l'apparition de nouvelles difficultés (les blousons noirs en 59) qui poussent les institutions à réfléchir à de nouveaux moyens pour recevoir des jeunes en dehors du système judiciaire ou répressif. On parlera alors de prévention (rattachée au ministère de la Jeunesse et des Sports). En 1972 les modes d'intervention seront fixé par la loi et en 1983 on proposera au département d'assumer cette compétence (non obligatoire) qui sera par la suite rattachée à l'aide à l'enfance. Dans ce contexte, Alès a également connu deux périodes . Une première période, de 1975 à 1983 où trois éducateurs ont été missionnés sur le quartier des Cévennes. Après un conflit en 1983 la prévention spécialisée prendra un nouveau départ sur Alès avec la création d'une nouvelle association "Avenir Jeunesse". Les éducateurs sont toujours au nombre de trois (dont l'un Jean Marie Brahic, qualifié d'"historique" par la présidente et aujourd'hui Chef de Mission), mais pour un territoire qui s'étend aux Cévennes, aux Près St Jean et à Cauvel/La Royale. Ce territoire va encore s'étendre à La Grand Combe en 2004. En 2007 c'est la tranche d'âge concernée qui s'élargit de 16-25 ans à l'origine vers les 12-25. L'association qui œuvre dans le cadre d'une délégation de service public pour mettre en place ses actions, va réviser une fois encore son projet en 2010 2011 pour mieux orienter son travail notamment en direction du public féminin , de la tranche d'âge 12-16 et de certains secteurs. Dans ce contexte on comprends mieux pourquoi il est difficile de faire un bilan : soutien, individuel, soutien collectif, constitutions de groupes, camps, quartiers, chantiers... des tas de petites actions dans lesquelles les éducateurs vont rencontrer les jeunes de la rue dans la rue. Voilà ce qui explique pourquoi la prévention spécialisée reste mal connue, même si elle s'offre parfois, le temps d'un anniversaire, un petit coup de projecteur.
Raphaël MOTTE
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