« S’il faut, nous voterons un budget 2024 en déficit », menace Magali Saumade, la présidente de la chambre d’agriculture du Gard. Ce lundi après-midi, elle a invité la presse pour parler des finances de la chambre consulaire : « Je sais que le sujet n’est pas kiffant mais il est très important ! » Quel est le problème ? « En tant qu’établissement public, nous avons été soumis à une revalorisation des salaires de nos 70 personnels à hauteur de 4,5%. Cela représente une hausse de 227 000€. Si nous n’avions rien contre cette valorisation, il faut que l’État nous donne plus d'argent pour la compenser. »
Ce que Magali Saumade digère très mal, c'est la hausse de la taxe sur le foncier non bâti prévue dans la prochaine loi de Finances. Payée majoritairement par les agriculteurs exploitants ou fermiers, une partie de cet impôt sert à financer le fonctionnement des chambres. « Pour nous, cela représente 39% du budget d’un montant global de 8 M€ », relève le directeur adjoint de la structure, Guy Marjollet. Le reste des recettes étant issus de « collaborations avec les collectivités ou l’agence de l’eau ». Problème : « Sur les 80 M€ que rapporte à l'État cette hausse de 7,7%, nous n’aurons qu’un retour de 3% ! Cela ne suffit pas pour équilibrer nos budgets. »
Quelles marges de manœuvre ?
Cette nouvelle péripétie s’ajoute à une injustice que ressentent les représentants des agriculteurs gardois : « On demande aux agriculteurs de faire plus, d’allers plus loin dans la transition énergétique avec moins d’argent. À un moment, on ne peut plus. On arrive à saturation ! » Autre décision ayant mis le feu aux poudres : la hausse de la redevance de l’eau payée là encore par les agriculteurs au titre du prélèvement de la ressource : « Elle augmentera de 40% en 2024 sans compter que les années à venir, elle sera indexée sur l’inflation. »
Magali Saumade a alerté les parlementaires gardois : « Grâce à eux, nous avons déjà obtenu une revalorisation de 3%. Nous devons aller plus loin et récupérer les 7%. » Et d’interroger : « Comment expliquer aux agriculteurs qui sont de plus en plus taxés que les chambres ont de moins en moins de moyens pour les aider ? » Prochaine étape pour les chambres consulaires, l’audition de la chambre d’agriculture France par le Sénat avec l’espoir de voir de nouveaux amendements adoptés. À noter que le 17 novembre, les élus gardois se réuniront en session pour le vote du budget, en présence du président de la chambre d'agriculture France, Sébastien Windsor.