Publié il y a 43 min - Mise à jour le 22.09.2026 - Coralie Mollaret - 4 min  - vu 9 fois

NÎMES MÉTROPOLE Chine, aéroport, budget : les temps forts du conseil communautaire

Ce mardi en conseil communautaire à Nîmes métropole

Ce mardi en conseil communautaire à Nîmes métropole 

- Coralie Mollaret

Séance fleuve à l'Agglo nîmoise, ce mardi soir. Entre les attaques du RN et les observations de l’ex-président de l’Agglo Franck Proust, Vincent Bouget s'affirme dans son nouveau fauteuil.

Un conseil communautaire de rentrée « très dense », introduit Vincent Bouget. C’est peu dire… En quatre heures de séance, les élus ont épuisé l’ordre du jour comprenant… 99 délibérations ! Le nouveau président PCF de Nîmes Métropole a démarré par son traditionnel « discours d’actualité » avec l’annonce de sa « rentrée économique, la première quinzaine d’octobre ». Quel avenir pour Magna Porta ? L’aéroport ? « Nous avons été élus pour faire des choix, pour faire évoluer un projet ou le réorienter parce bloqué depuis bien trop longtemps… C’est la raison d’être d’un changement d’exécutif », tease le communiste. Suspense, suspense.

La Chine et l’Union européenne dans le viseur du RN

Les premières délibérations portées par le vice-président chargé de l’enseignement supérieur, Nicolas Cadène, ont vivement fait réagir le RN. Candidate aux sénatoriales, la députée Sylvie Josserand n’est pas vraiment fan du départ de trois étudiants pour le « K-innovation Youth Camp », organisé par la ville de Wuxi en Chine. Une immersion de six jours dans l’Empire du Milieu, auquel ont participé trois étudiants nîmois. Et c’est à ce titre que l’université demande une participation de 5 000 €. « Au-delà de l’affichage aguicheur, l’objectif de la Chine est d’organiser la fuite des cerveaux des étudiants français », attaque la députée. Nicolas Cadène répondra simplement : « Ce partenariat ne date pas d’hier, ces étudiants ne vont pas fuir notre ville pour la Chine ! »

Après la Chine, c’est l’Europe qui devient la cible des élus RN. L’un des thèmes, d’ailleurs, de campagne présidentielle de Marine Le Pen. L’élu nîmois Thierry Jacod se prononce contre la subvention de 4 200 € pour la Maison de l’Europe, à Nîmes, au titre de l’année 2026 : « Elle doit être financée à 100 % par l’Union européenne pour financer ses actions et non piocher dans la poche des contribuables qui donnent déjà beaucoup ! » Pour Nicolas Cadène, « la contribution de la collectivité est minime par rapport à ce qui est versé par l’Union européenne ». D’autant que l’an dernier : « 4 000 personnes ont été concernées par ses animations et 62 jeunes se sont déplacés dans le cadre du programme Erasmus +. La maison de l’Europe compte 10 salariés. Elle est largement financée par l’Europe et labellisée Centre d’Information Europe Direct par la Commission Européenne. »

Les vieux dossiers de Franck Proust

Côté intervention, l’ex-président de Nîmes Métropole, Franck Proust, n’était pas en reste. L’élu LR a pris la parole sur les 20 000 € accordés à l’Institut d’Alzon pour la création d’un laboratoire pédagogique destiné aux élèves préparateurs en pharmacie. Un institut dirigé par, faut-il le rappeler, son adversaire politique Yvan Lachaud. « J’ai vu dans la presse que d’Alzon a inauguré un campus de la santé… J’ai vu aussi le déplacement de la présidente de la Région annonçant la création d’une école de kiné, ce qu’elle avait refusé à Jean-Paul Fournier il y a quelques mois. Où va s’installer cette école ? » Pour Vincent Bouget, pas de débat ni polémique : « L’école de kiné sera portée par l’université de Montpellier au sein du CHU de Nîmes. Moi, je ne sais pas ce qu’il s’est passé avant… On espère une ouverture à la rentrée 2027. »

Sur l’Open Tourisme Lab - qui connait quelques difficultés - la subvention a finalement été revue à la baisse : 10 000 € (au lieu des 40 000 €), puis 30 000 € en 2027 : « Nous avons souhaité baisser et conditionner notre soutien sans pour autant l’abandonner… », explique Nicolas Cadène, qui poursuit : « Nous leur avons fixé deux nouveaux axes : la compétitivité du tourisme d’affaires via la solution numérique et la structuration de l’écosystème agritouristique métropolitain. » Franck Proust rebondit : « On devient plus raisonnable en baissant la subvention… Mais sur le tourisme d’affaires, l’office du tourisme et la SPL en sont déjà chargés ! » Nicolas Cadène rebondit : « Open Tourisme Lab se concentrera sur la gestion numérique du tourisme. C’est leur expertise. Du reste, on nous a dit qu’il n’y avait, précédemment, plus de possibilité de travail en commun… C’est quand même dommage !  »

L’autre passe d’armes avec Franck Proust concernera l’aéroport. Olivier Fabregoul, vice-président au développement économique, qui a conservé sa délégation malgré l’alternance politique, présente le nouveau « plan guide » : « Ce plan fixe pour 40 ans l’organisation des 310 hectares. Le site serait structuré autour de trois piliers : l’aéronautique et l’industrie ; la sécurité avec un hub européen et la formation avec un campus. » Et les vols commerciaux ? Pas un mot…  Franck Proust prend la parole : « Il faut se battre sur le trafic commercial qu’engendre la gestion de la tour de contrôle et les recettes pour l’Agglo. Avez-vous eu des contacts avec Ryanair ? J’ai des inquiétudes pour la ligne sur Charleroi après que la Belgique ait mis des taxes aéroportuaires. » Vincent Bouget répondra sèchement : « Se battre contre Ryanair ? La difficulté que nous avons, c’est le contrat avec le gestionnaire Edeis que vous avez passé en 2023. L’objectif, c’est surtout d’arriver au bout de cette délégation. Comptez sur moi pour ne pas vendre du rêve ! »

Budget : les prévisions et… la réalité

Le reste de la séance a porté sur la gestion de l’eau ou des déchets en 2025, avant les élections municipales. Sur les finances, le nouveau vice-président Gilles Guillaud a ajusté les comptes : « Nous avons un tassement des recettes fiscales comme la TVA ou la CFE*, c’est plus inquiétant. » Les dépenses, elles, progressent « à travers les frais de personnel avec la mise en place du versement mobilité régional (…) Ou du contrat avec Kéolis, pour la gestion des transports, qui a été ajusté d’1 M€ à cause des prix du pétrole. » Conséquence : l’épargne se contracte. « Elle est de 25 M€ contre 27 M€ au budget primitif (voté sous Franck Proust, NDLR). Si on prend les années précédentes, il y a une baisse depuis 2023 », constate Gilles Guillaud. Ce dernier annonce par ailleurs : « L’emprunt pour les investissements sera de 30 M€ et non les 86 M€ prévus. L’ensemble des dépenses ne sera pas réalisé. » Enfin, la dette s’élève à 464 M€ : « Il n’est pas exclu qu’un nouvel ajustement soit fait. » L’année 2026 étant définitivement l’année de transition entre l'ère Franck Proust et celle de Vincent Bouget.

*Contribution économique territoriale.

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