Indifférents aux odeurs de glaces et aux conversations qui volent des terrasses voisines, deux garçons font courir leurs petites voitures sur le rebord d’une fontaine. Le temps semble s’être arrêté à l’ombre des bâtisses de la place aux herbes d’Uzès. Les fils électriques, les antennes téléphoniques, le bitume ont été bannis. La zone a été classée « secteur sauvegardé » le 5 janvier 1965. C’était la première d’Occitanie. En ce jeudi de fin d’été, deux élégantes sirotent, sous une arche, de voyants milkshakes roses. Elles ne soupçonnent pas que les deux bâtiments voisins, le numéro 6 et le numéro 8 de la place aux Herbes, se sont effondrés le 15 octobre 1960.
Le Républicain d’Uzès dresse le bilan : deux morts et six blessés. Une mère de famille de 49 ans d’origine italienne et son fils de 16 ans n’ont pas survécu. Le petit frère, âgé de 11 ans, a pu être repéré grâce à ses « trois doigts qui dépassaient des décombres ».
Immeubles vétustes
« Cela a marqué un gros tournant. À ce moment-là, la municipalité n’a pas pu ignorer la vétusté de ses immeubles », souligne Aurélie Lacroix, médiatrice de l’exposition Uzès, la métamorphose, mémoires d’une ville. Installée dans le cossu immeuble de l’ancien évêché, elle relate, avec photos, podcasts et témoignages, la transformation de la cité. Dans le livre d’or, les commentaires sont rédigés en français, …