Publié il y a 8 h - Mise à jour le 13.09.2026 - Anthony Maurin - 5 min  - vu 112 fois

ARLES EN FERIA Emmudecido et Garrido en état de grâce

Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San roman (Photo Anthony Maurin)

Double triomphe pour José Garrido et la ganaderia Pagès-Mailhan (Photo Anthony Maurin)

Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal (oreille et salut), José Garrido (oreille et deux oreilles symboliques) et Diego San Roman (salut et applaudissement). Le troisième de la tarde a eu droit au mouchoir bleu, le cinquième, Emmudecido, a été indulté !

Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San roman (Photo Anthony Maurin)
Double triomphe pour José Garrido et la ganaderia Pagès-Mailhan (Photo Anthony Maurin)

Les corridas de clôture de feria sont toujours un moment tout aussi intense à programmer qu’à vivre. L’empresa Jean-Baptiste Jalabert a pris l’habitude de mettre en avant une ganaderia locale, française en tout cas, et de donner leur chance à des maestros qui le méritent.

Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San roman (Photo Anthony Maurin)
En famille pour profiter du moment après tant d'années d'abnégation et de passion (Photo Anthony Maurin)

Les toros comme les toreros du jour ne font pas mentir cette envie et pourraient bien proposer un spectacle des plus intéressants. Il fait beau et bon, le week-end a été festif et avant de revenir au boulot une dernière course peut offrir un moment plus que plaisant.

Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San roman (Photo Anthony Maurin)
Emmudecido de Pagès-Mailhan à la sortie du toril (Photo Anthony Maurin)

Le lot de Pagès-Mailhan aura tenu ses promesses avec le troisième de la tarde qui a fait tomber un mouchoir bleu du palco et le cinquième, Emmudecido, le mouchoir orange synonyme de grâce. Les deux composaient le lot d’un petit chanceux qui n’a pas laissé passer l’opportunité, José Garrido.

Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San roman (Photo Anthony Maurin)
Juan Leal (Photo Anthony Maurin)

Juan Leal a son public. Oui, il est Arlésien, mais oui, aussi, il montre des choses que d’autres n’osent pas dévoiler. Lui, c’est la force, la puissance, le courage. Des valeurs que l’aficion apprécie quand on ne fait pas d’esbroufe. Jean Leal a prouvé que son toreo de verdad avait sa place en feria, preuve en est le nombre d’arènes espagnoles qui lui font confiance. Il tombe sur un bon premier toro qu’il accueille au capote avec douceur et tact. Juan Leal, avec la muleta, lance la course par ce qu’il sait faire de mieux : montrer son courage et se mettre dans les cornes. Les terrains ne sont pas toujours les bons, une belle cogida et la frayeur qui va avec, l’Arlésien coupe une oreille.

Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San roman (Photo Anthony Maurin)
Juan Leal (Photo Anthony Maurin)

L’an passé avec un excellent Excalibur de Margé, Steven, c’est le prénom civil de Juan Leal, a su se montrer à la hauteur, c’est pour cette raison qu’il est présent cette année à ce cartel. Pour rééditer une performance exceptionnelle. Avec son second toro de Pagès-Mailhan, Leal n’aura pas de chance. Il l’attend face au toril et les genoux en terre, le toro passe, c’est ce qu’il continuera de faire mais une fois la muleta dans le muffle. Toujours au capote, Juan Leal régale et propose une série remarquable. Hélas pour lui, le toro sortira de la muleta à chaque série sans que le piéton lui ait demandé. Petit problème récurrent de l’élevage, il fallait bien un exemplaire comme ça pour en fait trois ou quatre autres très intéressants. Salut.

Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San Roman (Photo Anthony Maurin)
José Garrido (Photo Anthony Maurin)

José Garrido est apodéré par un maestro qui a aimé Arles et ses courses piquantes. En effet, c’est Domingo Lopez Chaves qui est l’apoderado du natif de Badajoz. Lors de ses cinq premières années de doctorat, il toréait une vingtaine (voire trentaine) de corridas par temporada. Depuis la Covid, il défile pour une dizaine de paseo par saison. Une baisse qui ne le décourage pas et qui lui permet de laisser une porte entrouverte en cas de gros succès. Dix ans après avoir confirmé son alternative à Nîmes, il arrive à Arles pour clôturer une feria du Riz d’importance. Et le maestro, pour le moins, a eu la main chanceuse au sorteo ! Premier acte. Il est opposé à un certain Jurador qui est plus que bien reçu au capote. Quel toro sur la main gauche ! Et quelle main gauche pour Garrido ! Ce toro est classieux, doux, puissant, on sentait en lui une flamme animée et Garrido a sur l’attiser avec brio. Garrido aurait pu se démonter mais il se recentre et avance, série après série. Passant de la droite pour revenir sur la gauche, inlassablement, Jurador et Garrido se comprennent mais une seule oreille tombera du palco et la vuelta à titre posthume sera grattée par un public désireux de récompenser, à juste titre, ce toro et cet instant.

Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San roman (Photo Anthony Maurin)
José Garrido et Emmudecido (Photo Anthony Maurin)

José Garrido poursuit son effort et sur le cinquième de la tarde et les tendidos comprennent ce qu’il est en train d’essayer même si personne n’a dû le voir arriver. Vous connaissez la fin, il n’y en a pas. L’indulto sera acté, logique. Quand un toro comme Emmudecido passe, on ne doit pas le laisser sans trop de descendants. Un toro qui avait tout ou presque. Comme ses congénères, la présentation est au cordeau, idéale. Sous les assauts du piquero ? Il brille par sa bravoure placide et résistante. Il transmet déjà. Quand Garrido le comprend, il sait où il va l’embarquer. Une danse à deux pour un avenir éternel. Être centré, ne pas surjouer, montrer toutes les qualités du toro et souligner les émotions qu’un combat peut produire, c’est là tout le savoir d’un Garrido partageur. Le maestro s’est abandonné en laissant Emmudecido, qu’il avait brindé à Jean-Baptiste Jalabert, faire ce qu’il avait à faire. Lui ? Il en a fait de même et les deux se sont rejoints devant un public qui n’attendait que ça. Un bravo qui est noble, un noble qui est bravo. La profondeur atteinte par ce ballet a dû faire vibrer quelques cœurs. C’est pour cela que l’aficion va aux arènes. Au ganadero, à ses proches, à sa famille, aux bénévoles qui donnent la main, merci. Au maestro qui s’entraîne et qui connaît l’ingratitude, l’oubli ou encore l’injustice, merci.

Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San Roman (Photo Anthony Maurin)
Diego San Roman (Photo Anthony Maurin)

Mexicain natif de Querétaro, Diego San Roman a 30 ans, des rêves plein les yeux et des envies plein les dents ! Voilà un an qu’il a confirmé à Las Ventas et depuis sa carrière n’a cessé de prendre de l’ampleur. On le voit peu mais à chacun de ses paseos les tendidos s’en souviennent. Si Garrido a eu de la chance au sorteo, disons que Diego San Roman, sans être poissard, n’a pas eu autant de joie à combattre ses opposants. Il n’a cependant jamais rechigné et s’est montré sérieux, professionnel et par moments très plaisant. Pas sûr qu’il ait compris ce que le toro lui suggérait, mais, comme Garrido sur son premier, Diego San Roman a déployé tout son savoir sur une ou deux séries gauchères sublimées. Salut.

Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San Roman (Photo Anthony Maurin)
Diego San Roman (Photo Anthony Maurin)

Comme ce fut le cas pour Juan Leal, l’empresa a tenu à répéter le Mexicain qui a donné pleinement satisfaction l’an passé sans pour autant pouvoir sortir en triomphe avec ses compagnons de cartel. Il sait faire dans le tremendisme mais aussi dans la technique pure. Avec le dernier toro de la feria, Diego San Roman sera applaudi. Il avait connu des hauts et des bas lors de son premier duel, idem, le Mexicain ne parvient jamais vraiment à se lier à la charge du toro. Alors, que fait-il ? Il se met dans les cornes et joue au cœur de terrain miniatures qui rehausse sa faena. L’oreille aurait pu tomber, le palco reste de marbre. Applaudissements.

Corrida de Pagès-Mailhan pour Juan Leal, José Garrido et Diego San roman (Photo Anthony Maurin)
Emmudecido de Pagès-Mailhan sous le fer (Photo Anthony Maurin)

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