Un collectif de professeurs a manifesté ce samedi matin devant le lycée Jean-Vilar de Villeneuve, à l’occasion de la journée portes ouvertes de l’établissement, pour dénoncer la réforme du lycée qui doit entrer en vigueur en septembre prochain.
Une réforme qui comporte notamment la suppression des filières, « une bonne chose mais pas en cohérence avec les moyens mis en place », dénoncent ces professeurs, qui évoquent « une distorsion entre la théorie, où on peut s’entendre, et la mise en pratique. » Des professeurs qui affirment que les effectifs passeront à 36 élèves par classe, « ce qui démontre un décalage entre les ambitions disciplinaires et les effectifs, avec des programmes plus exigeants et moins d’heures », estiment-ils.
Les élèves devront choisir leurs spécialités en Seconde, et passeront un baccalauréat avec un contrôle continu renforcé. « Avec cette réforme, notre tâche va être plus d’évaluer que de former », craignent ces enseignants, qui redoutent également des suppressions de postes et une baisse des moyens pédagogiques. Bref, cette réforme portée par le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer ne convient pas à ces professeurs, qui demandent « une concertation et un moratoire sur cette réforme. »
Globalement, les manifestants ont une impression, « celle que le gouvernement veut aller vite pour afficher des résultats avant la fin du mandat, cette réforme a été faite dans la précipitation, sans vision d’ensemble. » Ils en veulent pour preuve l’« oubli » des cours de « procréation et sexualité humaine », dont les élèves qui sont aujourd’hui en Seconde pourraient finalement être dispensés. Par ailleurs, ces enseignants dénoncent un flou sur les programmes à venir et l’offre réelle des spécialités sur lesquelles les élèves de Seconde vont être amenés à se positionner.
Thierry ALLARD