Objectif Gard : Quel regard portez-vous sur les récentes mobilisations des lycéens ?
Carole Drucker-Godard : Au plus fort du mouvement, nous avions une quarantaine d’établissements impactés, mais ça a duré très peu de temps car la violence a été extrêmement forte au début du mois d’octobre. Elle nous a pris par surprise mais on ne s’attendait pas à tant de violence. Il y a eu des façades brûlées, un lycée a failli brûler ici à Nîmes. Je condamne les violences avec la plus grande fermeté. Sur la mobilisation, il y a du bon car les lycéens avaient besoin d’être davantage écoutés. Nous avions le sentiment qu’ils l’étaient mais on s’est rendu compte que non.
Quels retours avez-vous de la consultation lycéenne mise en place par le ministre de l’Éducation nationale ?
Elle a eu un succès important au niveau national puisqu’il y a eu 101 000 contributions, dont 4 800 dans l’académie de Montpellier. L’Hérault et le Gard font partie des 25 départements qui ont le plus contribué. Les revendications lycéennes ont été remontées et il y a des réponses à chacune des revendications. Il y a des groupes de travail, pour la rentrée prochaine, sur le contrôle continu, sur l’organisation de l’enseignement de spécialité, notamment scientifique. Les résultats doivent remonter au ministre d’ici la mi-décembre. À la rentrée prochaine, on plafonnera les classes de seconde à 28 élèves. On va continuer cette démocratie lycéenne.
Quelle réponse allez-vous apporter à la problématique des remplacements des enseignants absents ?
On a une brigade de professeurs remplaçants sur des zones géographiques et des disciplines. Depuis octobre, les règles ont été assouplies, en restant dans le possible. On leur a demandé s’ils acceptaient d’intervenir dans une autre zone géographique et ils ont presque tous dit oui. On a pu demander à un professeur de lycée général et technologique d’intervenir dans la même discipline mais en lycée professionnel. Nous avons placé 110 des 120 enseignants remplaçants qui étaient disponibles. À ma mi-octobre, dans l’académie, nous n’avions qu’un lycée qui avait plus de 5 % des cours qui n’étaient pas dispensés. C’était celui de Quissac et très vite il est redescendu et on a mis les remplaçants. Au niveau national, il devait y avoir la suppression de 850 postes sur le second degré. On annule la suppression et en plus on en recrute 500.
Quelle est la situation dans l’académie aujourd’hui ?
Nous sommes à un taux de 99,5 % des cours qui sont dispensés, donc on n’a pas d’alerte sur les remplacements. Le ministre a annoncé le recrutement de 950 contractuels au niveau national et on en a eu une dizaine sur l’académie.
Quel message souhaitez-vous faire passer aux lycéens qui veulent poursuivre leur mobilisation ?
On va rester à leur écoute et on va continuer de faire avancer des choses. Maintenant il faut retourner en classe et se remettre au travail. Il faut continuer d’apprendre, d’être curieux et de réussir les examens.