Chaque jeudi, la Croix-Rouge livre une vingtaine de colis à des bénéficiaires, et chacun est préparé sur mesure. “On a personnalisé les paniers en fonction des personnes”, explique François Caizergues, bénévole depuis un peu plus de quatre ans, qui assure la responsabilité de l’antenne depuis juillet après la démission de l’ancien directeur. Un bénéficiaire diabétique, une personne qui ne mange pas de porc, une autre qui préfère le thé au café, une autre encore qui a des chats et reçoit des produits pour ses animaux. “À chaque fois, on adapte.”
“Un besoin de contact, d’échanger”
Avant chaque livraison, il prépare les jeunes. “Je leur parle un peu de la personne avant, pour qu’ils ne soient pas surpris. La personne est sur un fauteuil, ou ne peut pas se déplacer. On n’a pas de jugement à porter, on est là pour les aider.” Car l’enjeu dépasse le colis. “Il y a un besoin alimentaire, mais aussi un besoin de contact, d’échanger. C’est un peu notre mission.”
Une association créée par la police nationale
Créé en 2021, le CPCJ-PN 30 est présidé par la Direction interdépartementale de la police nationale du Gard et dirigé par un fonctionnaire de police, Frédéric Palumbo. “L’association a été créée dans le but de créer du lien entre les forces de police et la jeunesse, mais aussi de prévenir l’entrée dans la délinquance juvénile”, explique son directeur. Elle s’appuie sur plusieurs partenaires, dont la ville de Nîmes, Nîmes Métropole et l’Éducation nationale, qui financent des sorties et des activités sportives, ludiques ou éducatives. Des structures du même type, à l’origine appelées centres loisirs jeunesse, existent dans une trentaine de départements. Dans le Gard, le CPCJ est le seul.
L’association accueille des jeunes de 9 à 16 ans, une trentaine pendant ces vacances de la Toussaint, et entre 70 et 80 sur l’année. Beaucoup reviennent d’année en année, souvent en fratrie, et l’inscription se fait surtout par le bouche-à-oreille. “Ce sont des jeunes que l’on connaît pour la plupart depuis des années. Le simple fait qu’ils soient avec nous, c’est déjà protecteur”, souligne le directeur. “On essaie de leur inculquer des valeurs : la bienveillance, l’autonomie, la sensibilisation à la détresse des autres, la solidarité.” Le statut associatif permet aussi d’aller plus loin, comme cet été avec un séjour d’une semaine au centre sportif départemental de Méjannes-le-Clap.
Une journée à l’école de police
Cette semaine, les jeunes ont aussi passé une journée en immersion à l’école de police. Au programme : une initiation aux gestes techniques et d’intervention avec un formateur, un repas partagé avec des élèves policiers et des échanges. “Ça nous a permis de revenir sur certaines idées reçues sur la police”, explique le directeur. “C’est l’occasion de recréer du lien entre les jeunes et les forces de l’ordre.” Pour lui, l’expérience mériterait d’être élargie. “Plus on touche de jeunes, mieux c’est.”