Les professionnels se mobilisent depuis lundi 14 septembre, de Dunkerque à Fos-sur-Mer, à cause de la flambée du prix du carburant. En Méditerranée, les blocages ont touché plusieurs ports et dépôts. Le 17 septembre, la ministre déléguée à la Mer et à la Pêche, Catherine Chabaud, les a reçus à Paris pendant plus de six heures. Elle a promis des aides qui suivraient la variation des cours du carburant et de possibles prêts à taux zéro. En échange, les pêcheurs se sont engagés à lever leurs barrages.
Ce lundi, la ministre est allée à la rencontre des éus et pêcheurs du côté de Sète et du Grau-du-Roi. Une visite qui avait pour objectif de dénouer définitivement le noeud et d'apaiser la colère des pêcheurs. Mais les discussions ne se cantonnaient pas simplement au carburant : aides financières et quotas de thon rouge étaient aussi au cœur des échanges, tout comme le plan européen contre la pêche de fond, le poids des démarches administratives et un prix fixe à la pompe.
"Il était pour moi essentiel de venir ici, pour comprendre l'accumulation des difficultés qu'ils avaient. C'était une discussion qui a balayé beaucoup de sujets", commente-t-elle à chaud, après la longue réunion. Elle a notamment pu aller voir la problématique de la maille des filets, augmentée par les pêcheurs pour protéger la ressource. "Ça a un impact direct sur leur chiffre d'affaires".
Depuis le début, l'État a mis en place une aide carburant pour aider les marins à repartir en mer. "On a mis du temps à mettre en route le versement de l'aide et elle se poursuivra", assure-t-elle. Tout en évoquant le prêt à taux zéro mis en place par l'État, "pour traverser cette période", et la révision du plan West Med. "Il faut qu'on ait des réunions avec les pêcheurs pour comprendre comment le faire évoluer ou quelles alternatives on propose", assume la ministre.
Tous les blocus levés "pour le moment"
Un certain nombre de pêcheurs a pu prendre part à la réunion, et le son de cloche général est plutôt positif, au point que tous les blocus sont levés "pour le moment" comme l'assume Brice Rousseau, pêcheur petits métiers au Grau-du-Roi. "On est apaisés oui et non. D'être suivi ça permet de reprendre le travail tranquillement, mais quand tout sera signé et qu'on aura tout sur papier, ça ira mieux, on en a pas eu devant les yeux pour le moment".
"En France tout peut se passer mais dans l'ensemble on est content de tout ce qui s'est dit. La ministre est à notre écoute, elle va faire ce qu'elle peut et on va voir si ça nous satisfait ou pas", assume-t-il. La réunion s'est passée dans le calme et avec beaucoup d'écoute des deux côtés, selon les personnes présentes.
"J'irais pas dire que je suis heureux, mais on ne maitrise ni le temps ni l'espace. Ça va être très compliqué de tout régler en un claquement de doigts et on va travailler dur quelques semaines", explique Mathieu Chapel, président du comité des pêches du Gard. "On a vraiment créé une unité, du petit pêcheur de tellines au pêcheur de thon rouge, de la frontière espagnole jusqu'à la frontière italienne", se félicite-t-il, en mettant en confrontation le terrain et le bureau. "C'est un mouvement de la pêche méditerranéenne française. On est tous unis, la table ronde a été de longue, maintenant il faut laisser décanter tout ça", continue Martial Lubrano, prud'homme majeur à Sète. Place désormais au travail, et au temps qui fera le sien.