Contre la vie chère
La contestation contre la vie chère et la précarité a réuni les mouvements lycéens et étudiants, les syndicats et les Gilets jaunes. Les manifestants revendiquaient davantage de personnel dans les établissements, la fin de la sélection sur Parcoursup et Mon Master et l'augmentation des salaires et des pensions.
À l’échelle du département, 200 gendarmes ont été déployés, tandis que 95 policiers nationaux étaient mobilisés à Nîmes et Alès, selon la préfecture.
À Nîmes
Ce samedi matin, chez Decathlon, quelques policiers achètent des bouchons d’oreilles. Dans le centre de Nîmes, des commerçants protègent leurs devantures derrière des panneaux de bois. Une semaine après les dégradations du 17 octobre, certains ont vidé leur vitrine, d’autres le magasin entier. À 13h30, le KFC du boulevard Victor-Hugo est ouvert, mais personne…
Vers 15h, environ 300 personnes se retrouvent sur les allées Jean-Jaurès, devant l’entrée des jardins de la Fontaine. La manifestation déclarée a été interdite la veille, la préfecture estimant insuffisantes les garanties apportées par l’organisateur concernant son service d’ordre. Les policiers barrent l’accès au centre-ville et le rassemblement reste sur les allées. Mais un deuxième groupe, environ 200 personnes, s’est formé sur l’avenue Georges-Pompidou.
Ce rassemblement fait diversion et oblige la police à envoyer une partie de ses effectifs de ce côté. Sur le Jean-Jaurès, les manifestants en profitent pour quitter les allées par petits groupes. Ils se rejoignent au Carré d’art en douceur, sans heurt.
« On ne se taira pas, même la peur au ventre, on sera là ! », annonce cette pancarte. Dans le cortège bigarré, des lycéens, des étudiants et plusieurs générations. Le groupe qui s'est étoffé maintenant, cherche son chemin à travers ce centre-ville qui lui est interdit.
La descente du boulevard Victor-Hugo est interrompue par l’arrivée de voitures de police et de motards qui traversent en trombe, frôlant le cortège. Devant les arènes, les policiers ferment une nouvelle fois le passage. Puis ils accompagnent la marche vers la sortie du centre-ville en passant par la rue de la Madeleine.
Plus de 600 manifestants passent sous les applaudissements des habitants à leurs fenêtres. Des commerçants sortent de leur boutique, tout souriants, regardent le défilé. Aucun commerce n’est dégradé. Après le cinéma CGR, la marche se poursuit sur la voie de droite du boulevard Salvador-Allende, en direction des 7 Collines.
À hauteur de la Maison des entreprises, un cordon policier bloque la progression. Les gaz lacrymogènes dispersent le rassemblement. Quelques jets de projectiles suivent en direction des policiers, tandis que les manifestants quittent les lieux. Une personne incommodée par les gaz est prise en charge par les pompiers.
La préfecture, qui précise que des sommations ont précédé l’intervention, justifie la dispersion par la mise en place de barricades et une entrave à la circulation. Elle annonce douze interpellations, suivies de quatre gardes à vue. Par la suite, de petits groupes se reforment dans le centre-ville, encadrés par les agents de police. La préfecture n’a recensé aucun blessé ni dégât matériel dans le Gard.
À Avignon
Des pancartes, une fanfare et près de 500 manifestants. Ce 24 octobre, à 10 heures, le cortège s’est élancé de la place des Carmes en direction de la préfecture. À la porte Saint-Lazare, un barrage policier a stoppé sa progression. La marche est alors devenue un rassemblement, encadré par la CGT, dans une ambiance festive. À l’appel de la CGT, de FO, du SNES-FSU 84 et de La France insoumise, les manifestants se sont mobilisés malgré l’interdiction préfectorale de tout rassemblement dans le centre-ville, le long des remparts et sur le pont Édouard-Daladier. La demande de la CGT de faire le tour des remparts a été refusée.
Selon la préfecture, 260 policiers et gendarmes étaient mobilisés dans le Vaucluse pour cette journée.
À Alès
À Alès, les 600 manifestants recensés par la préfecture ont traversé le centre-ville sans incident avant de se disperser vers 17h. Aux Mages, une dizaine de Gilets jaunes ont distribué des tracts au rond-point.
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