Le conseil municipal est terminé depuis lundi soir. Mais visiblement, le débat n’est pas clos. Dans un long message publié sur Facebook, Vincent Bouget revient sur plusieurs interventions de Julien Sanchez et des élus du groupe RN-UDR. Et le maire de Nîmes ne prend pas de pincettes.
« L’extrême-droite est toujours l’extrême-droite », écrit-il dès les premières lignes. Selon lui, plusieurs échanges entendus pendant la séance municipale auraient rappelé « le fond de leur projet politique ». Il le résume en deux mots : « censure et discrimination ».
Vincent Bouget revient d’abord sur l’Association des Maires pour la paix, qualifiée selon lui par l’opposition de refuge pour des « militants pro-islamistes ». Même incompréhension autour du soutien à un court-métrage réalisé par des lycéens de Saint-Vincent-de-Paul. Les élus RN-UDR auraient demandé à pouvoir visionner le film avant de se prononcer sur la délibération.
Autre sujet, celui des futurs services civiques municipaux. Le maire rapporte cette phrase prononcée pendant le conseil : « Nous aimerions éviter que ne soient recrutés que des personnes qui viennent de certains quartiers. »
La crèche Miriam Makeba a, elle aussi, provoqué un échange. Le choix du nom de la chanteuse sud-africaine aurait été contesté par l’opposition. Tout comme la distribution de fournitures scolaires dans les écoles primaires, considérée selon les mots rapportés par Vincent Bouget comme une « nouvelle dépense » et une possible « discrimination ».
Pour le maire de Nîmes, toutes ces interventions racontent finalement la même chose. Une défiance envers certains quartiers, mais aussi une volonté de contrôler davantage les choix culturels de la Ville et les associations soutenues par la collectivité.
Vincent Bouget pousse ensuite son raisonnement un peu plus loin. Il fait le lien avec la polémique nationale qui touche actuellement Jordan Bardella. Mediapart attribue au président du Rassemblement national plusieurs anciens messages antisémites. Jordan Bardella conteste formellement en être l’auteur.
À Nîmes, le maire revendique au contraire sa volonté de défendre une ville ouverte à tous. Il assure vouloir rester « le maire de tous les Nîmois et de toutes les Nîmoises », quelle que soit leur rue, leur quartier, leurs convictions religieuses ou leurs origines.
Et Vincent Bouget termine évidemment sur le terrain politique. À quelques mois de 2027, le message est limpide : selon lui, la stratégie de dédiabolisation du Rassemblement national ne change rien au fond. « À Nîmes, à Paris ou à Bruxelles, les tentatives de dédiabolisation ne peuvent tromper personne », écrit-il.
Le conseil municipal est terminé. La campagne politique, elle, semble déjà bien lancée.