Publié il y a 8 h - Mise à jour le 22.09.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 176 fois

ÉDITORIAL La révolution attendra encore…

Photo archive Objectif Sud

Entre pêche méditerranéenne en souffrance, flambée des carburants et menace sur les approvisionnements, le gouvernement tente d’éteindre l’incendie. Mais face à une crise qui le dépasse en partie, les marges de manœuvre sont désormais bien faibles.

La ministre déléguée à la Mer et à la Pêche, Catherine Chabaud, au Grau-du-Roi hier, a bien tenté de jouer son rôle. Mais elle n’a pas répondu, comme on pouvait s’y attendre, aux enjeux et à l’urgence d’une pêche méditerranéenne en grande souffrance. Une filière, comme tant d’autres, qui subit depuis trop longtemps une crise économique. Désormais, avec la flambée des prix de l’essence, la grogne fait tache d’huile. Le gouvernement, en survie pour encore quelques mois, n’a pas vraiment de marge de manœuvre. Face à l’endettement du pays et à des taux d’intérêt qui empêchent d’emprunter de façon déraisonnable. Alors, que faire ? L’exécutif a déjà prolongé jusqu’à la fin de l’année les aides aux secteurs les plus exposés, comme l’agriculture, le BTP et la pêche. Il assure préparer de nouveaux dispositifs dans les prochains jours. Le chef de l’État, Emmanuel Macron, prendra la parole jeudi soir pour tenter de calmer la colère. Mais il n’est peut-être plus aujourd’hui le mieux placé pour cela… Il lui reste surtout à chercher les ressorts diplomatiques pour convaincre des fournisseurs internationaux capables de nous livrer en hydrocarbures. Car la flambée des prix n’a probablement pas terminé sa course. Et pointe désormais le risque d’un manque d’approvisionnement. La denrée noire pourrait se faire rare. Et tout ce qui est rare coûte cher. On le comprend bien, la situation est terrible et la lumière ne semble toujours pas apparaître au bout du tunnel. Encore. C’est peut-être cela, finalement, qui nourrit le plus la colère. Le sentiment que le pouvoir politique promet encore de pouvoir agir sur des événements qui, pour une large part, lui échappent. Tout cela démontre à ceux qui pensent que la France peut se refermer sur elle-même sans regarder la réalité du monde que les choses sont bien plus complexes que quelques slogans politiques. C’est aussi le résultat d’une politique conduite depuis dix ans qui n’a pas été en mesure de combler le retard terrible pris depuis des décennies par notre pays. La transition écologique, d’abord. La transformation de notre modèle social, ensuite. Et la capacité, enfin, à ne pas faire croire que la fiscalité pourrait tout résoudre. Présidentielle ou pas, en 2027, si les guerres et les conflits ne cessent pas, il sera bien difficile de s’en remettre. Sauf à engager une véritable révolution. Comme celle promise en 2017.

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