L'affaire est complexe compte tenu des personnalités concernées et de la teneur du dossier, le calendrier aussi est étrange puisqu'en commençant une grève de la faim samedi matin, Jean Luc Berbon se retrouve bien seul dans sa fourgonnette en ce long week-end de Pentecôte. Pour l'instant, en dehors du cahier de soutien sur lequel il recueille quelques signatures notre homme n'a eu que la visite des forces de l'ordre et des médias.
Ancien concierge municipal au stade Pujazon, Jean Luc Berbon a entamé cette grève de la faim afin d'obtenir sa réintégration au sein des employés de la municipalité. Employé en 2008, il a été licencié le 30 septembre 2011 et voit aujourd'hui son chômage arriver à son terme (il n'a travaillé qu'une semaine en pharmacie entretemps). Dans une situation économique précaire, Jean Luc Berbon se dit "décidé à aller jusqu'au bout".
L'homme reconnaît qu'il a commis des erreurs "politiques" dans la gestion de ce dossier qui l'oppose aujourd'hui au service des ressources humaines de la mairie et du maire Max Roustan qu'il connaît de longue date. Celui qui soutenait Max Roustan en 1989 et qui fut responsable Front National a eu depuis des paroles et des comportements qu'il qualifie lui même de "maladroits" envers l'homme qu'il avait soutenu autrefois.
En 2011 lors de l'inauguration de l'hôpital, Jean Luc Berbon avait ainsi pris à partie directement le ministre Xavier Bertrand pour dénoncer "les dix neuf contrats successifs qu'il avait eu en mairie". Licencié, ("sans avoir commis aucune faute grave" écrit-il sur son tee-shirt et ses panneaux aujourd'hui), il ira ensuite confier son dossier à l'équipe de Fabrice Verdier, dont il se réjouira ouvertement (et vertement face à Max Roustan !) de la victoire.
La question qu'il pose aujourd'hui avec ce nouveau coup de tête dépasse donc la simple notion d'éventuels droits. "Moi je crois que l'on ne s'abaisse pas quand on pardonne, au contraire" dit Jean Luc Berbon qui a été jusqu'à poursuivre le maire d'Alès jusqu'à son domicile...
"La nuit de dimanche à lundi il a fait 5° dans ma camionnette" commente Jean Luc Berbon, qui souffre d'un diabète 2. "Je ne me laisserai pas emmener par les pompiers, de toutes les façons n'ai plus de mutuelle" dit il "mais j'aimerais que la Croix Rouge vienne me voir".