Publié il y a 1 h - Mise à jour le 03.11.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 146 fois

ÉDITORIAL Parc Jacques-Chirac : et si les Nîmois confirmaient le choix de Jean-Paul Fournier ?

Le Président Jacques Chirac 

- Photo : DR

La consultation lancée par Vincent Bouget sur le nom du futur parc urbain de Nîmes pose une question qui dépasse les clivages politiques : celle de la continuité républicaine. Et si les habitants décidaient finalement de confirmer le choix de l'ancien maire ?

Fallait-il vraiment rouvrir ce débat ? Depuis lundi, les Nîmois sont invités à choisir le nom du futur grand parc urbain de la ville. Trois propositions : Les Pépinières, Ernest Pichon ou Jacques Chirac. Une consultation citoyenne qui pourrait paraître anodine. Sauf que le nom de ce parc avait déjà été choisi. Annoncé dès 2019, quelques jours après la disparition de Jacques Chirac, il avait été confirmé le 15 novembre 2025 par le conseil municipal. Sans aucune voix contre. Même si l'opposition de gauche, conduite à l'époque par Vincent Bouget, avait refusé de prendre part au vote. Bien sûr, le nouveau maire de Nîmes a ses arguments. Et ils peuvent s'entendre. Ce site possède une histoire particulière, celle des pépinières Pichon. Des personnalités nîmoises auraient également pu être honorées. Et consulter les habitants n'a rien de choquant. D'autant que Vincent Bouget avait exprimé cette volonté avant son élection. Il serait donc injuste de lui reprocher aujourd'hui de tenir un engagement. Mais au-delà des arguments des uns et des autres, une question mérite d'être posée : celle de la continuité républicaine. Car une ville ne recommence pas son histoire à chaque élection municipale. Les maires passent, les majorités changent, mais certaines décisions méritent de s'inscrire dans la durée. Particulièrement lorsqu'elles concernent la mémoire collective. Jacques Chirac a marqué l'histoire de notre pays. Et son nom n'a évidemment rien de honteux ou de désobligeant pour Nîmes. Bien au contraire. L'ancien président entretenait des liens particuliers avec notre ville, notamment depuis les inondations de 1988, lorsqu'il avait témoigné de sa solidarité envers les Nîmois. D'ailleurs, à Paris, c'est Anne Hidalgo, maire socialiste, qui a inauguré en 2021 le quai Jacques-Chirac. Preuve qu'un hommage républicain peut dépasser les appartenances politiques. À Nîmes, il existe aussi une dimension plus personnelle. Jean-Paul Fournier avait souhaité cet hommage à un homme qu'il admirait. Et lorsque les travaux du parc ont été lancés en novembre 2025, le petit-fils de Jacques Chirac avait fait le déplacement. Derrière le nom d'un parc, il y a donc aussi une mémoire familiale et une forme d'engagement moral. Reste désormais la décision des Nîmois. Et finalement, cette consultation pourrait réserver une issue intéressante. Les habitants pourraient très bien confirmer le choix initial de Jean-Paul Fournier. Le nom de Jacques Chirac bénéficierait alors d'une double légitimité : celle d'une décision du conseil municipal et celle d'une consultation populaire organisée par son successeur. Quant à Ernest Pichon, rien n'empêche de lui rendre également hommage au sein de ce vaste espace vert. Les deux mémoires ne sont pas incompatibles. Au fond, une ville ne se construit jamais à partir d'une page blanche. Chaque maire hérite des décisions de ses prédécesseurs, comme il laissera lui-même un héritage à ceux qui lui succéderont. C'est aussi cela, la continuité républicaine. Savoir faire évoluer une ville sans nécessairement remettre en cause ce qui a été décidé avant.

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