C'est l'investiture que tout un parti attendait tant dans le Gard. Celle de Julien Sanchez (FN), élu maire à Beaucaire, et qui a été installé à son poste par les 33 conseillers municipaux élus. Parmi eux, ses adversaires Claude Dubois, Christophe André ou Jacques Bourbousson, ces deux derniers n'ayant pas réussi à s'attendre. Dans la petite salle de l'hôtel de ville, dans le centre historique, les sympathisants FN se sont rassemblés, eux qui n'avaient pas vraiment pu fêter cette victoire dimanche dernier après quelques tensions avec des électeurs qui leurs sont opposés. Yoann Gillet, conseiller municipal FN de Nïmes et Gilles Caïtucoli, président de la fédération FN du Gard, étaient aussi au rendez-vous. Devant l'hôtel de ville, place Georges Clémenceau, de nombreux curieux suivaient les débats.
Comme le veut la procédure, les conseillers municipaux ont confirmé l'élection de Julien Sanchez, avant d'élire les neuf adjoints. Si Jacques Bourbousson, maire sortant, était bien présent contrairement à ce qu'il avait annoncé, il ne s'est pas exprimé durant toute la séance, à l'exception du dévoilement des résultats définitifs. C'est Antoine Boyer, en qualité de doyen, mais aussi comme soutien de Julien Sanchez, qui a dirigé la séance. Christophe André, investi par l'UMP, n'a pas manqué de regretter la situation. " Le vote FN est une réalité à Beaucaire, et si je ne partage pas du tout les idées de ce parti, il faut respecter le vote ". Pour Claude Dubois, candidat de gauche écologiste, l'élection du FN est la conséquence " de la misère économique, intellectuelle et morale ", plus que l'adoubement d'un programme. Avec ironie, il a alors suggéré au maire nouvellement élu un jumelage avec une ville " marocaine ", alors que la commune belge de Farciennes veut suspendre son alliance avec Beaucaire (lire ici).
Pour clore la séance, Julien Sanchez s'est exprimé avec l'envie de ne pas envenimer les choses. " N'écoutez pas les on-dit. Nous n'allons pas couper toutes les subventions. Nous ne sommes pas racistes. Nous agissons juste en bon père de famille. J'accepterai de rencontrer l'opposition chaque fois qu'elle le demandera et nous pourrons aussi collaborer sur certains dossiers ponctuels. J'espère que l'opposition oubliera les clivages politiques et que le maire de Beaucaire sera aussi celui de l'agglomération. " D'ici là, le conseil municipal doit encore voter le budget. Il a jusqu'au 30 avril.
Jean-Marie Cornuaille
jeanmarie.cornuaille@objectifgard.com