La dixième "Semaine du Microcrédit" commence ce lundi. Elle coïncide cette année avec les 25 ans de l'association pour le droit à l'initiative économique (Adie). Dans le Gard, où l'Adie est représentée à Nîmes, l'association organise une journée Portes Ouvertes dans ses locaux 34 rue Nationale à Nîmes ce mardi 4 février et un premier accueil des porteurs de projets le 6 février à l’agence BNP Paribas Nîmes-Victor Hugo de 9h à 12h. A Alès l'accueil des porteurs de projet aura lieu le 6 février à l’agence BNP Alès-Centre de 14h à 17h.
Un outil mal connu
"Vingt cinq ans après sa création le microcrédit est encore très mal connu en France , sinon par ceux qui n'en ont pas besoin", commente Ophélie Héliès, déléguée territoriale Languedoc-Roussillon de l'Adie. Nombre de gens ont en effet lu un article sur le microcrédit en Inde sans même savoir qu'il est également pratiqué en France. Pourtant dans le Gard, l'Adie reçoit près de 400 demandes chaque année dont près d'une centaine sont financées. "Quand on sait que plus de 50% des créateurs démarrent avec moins de 8000€, notre plafond de 10.000€ nous permet réellement d'accompagner la plupart des projets" commente la responsable régionale. D'autant que l'Adie aide en priorité les personnes à l’écart du marché du travail et qui n'ont pas accès au crédit bancaire classique. Ceci afin qu'elles puissent créer leur entreprise, et donc leur emploi, grâce au microcrédit.
Une arme anti-chômage
"Notre but est d'intervenir là ou les autres structures de financement ne sont pas forcément compétentes ou réactives. Notre conseiller étudie dans chaque cas avec le porteur de projet le montant et l'échéance qu'il pourra supporter. Bien souvent nous ouvrons le crédit progressivement, le candidat procédant à un nouveau crédit après ses premiers remboursements, toujours dans la limite des 10.000€. Nous avons ainsi 200 dossiers suivis dans le Gard" explique Ophélie Héliès. Le taux de pérennité à trois ans des activités créées est de 58% et le taux d'insertion (c'est à dire le retour vers un emploi pérenne) de près de 84%. La dernière enquête menée en 2013 montre en outre que 42% des personnes aidées sortent des minimas sociaux. "Cela tend à prouver que les personnes soutenues par l’association bien qu’en situation de précarité et au niveau de formation inférieur à la moyenne des créateurs d’entreprises, sont à même de développer une activité économique viable, pour peu qu’on leur apporte l’aide, financière et d’accompagnement, adaptée" commente Ophélie Héliès.
Des centaines de cas concrêts
L'Adie présentera à Montpellier cette semaine une exposition avec les portrait des "audacieux" qui ont eu recours au microcrédit pour créer leur activité. C'est le cas de Dominique à Barjac qui après une carrière dans les travaux publics, a choisi de se reconvertir en créant sa propre entreprise de distillation de plantes aromatiques. Après avoir présenté son projet à l’antenne Adie de Nîmes, il a obtenu un prêt, et pu acheter le matériel et la matière première pour débuter son activité. Ou encore Teddy Jessel (notre photo) qui était salarié bûcheron jusqu'en mars 2013 et souhaitait créer sa propre entreprise. Une opportunité s’est présentée quand son patron, âgé, a cessé son activité, en acceptant de lui vendre son matériel. Pour se lancer à son compte, il ne manquait qu’un peu de matériel, mais surtout un stock. En effet, Teddy doit acheter des grumes à des exploitants forestiers, avant de débiter en bûches de taille adaptée à sa clientèle. Ses premières demandes de prêt n’ayant pas abouti, sur les conseils d’une boutique de gestion d’Alès il s’est tourné vers l’Adie à Nîmes. Là, l’accueil a été beaucoup plus positif, et en un mois, le prêt demandé a été accordé. Depuis bientôt un an, il livre dans un rayon de 80 km autour d’Alès !